



Juchée sur la borne centrale du lobby, cette sculpture, présente depuis l’ouverture en 1922, est l’un des rares objets d’art à avoir échappé à la récente vente aux enchères.

Infini souci du détail, noblesse des matériaux, techniques et savoir-faire ancestraux... Ou l’architecture d’intérieur griffée haute couture.

Désormais ouverte, la galerie Majorelle, dont le plafond est signé par le peintre, a retrouvé la splendeur de sa facture Art déco.
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Il était une nouvelle fois...
LA MAMOUNIA
Texte : Guillaume Rateau
Photos : DR et Yoann hervet
Redoutée par les uns, souhaitée par les autres, attendue par tous – des habitants de la médina à laquelle elle s'adosse jusqu'au gotha planétaire qui depuis sa création au début des Années Folles l'a portée au pinacle de l'hôtellerie de grand luxe – la résurrection de la cultissime Mamounia ne pouvait manquer de mettre le tout monde en émoi. À juste titre, semble-t-il. Car touchez ne serait-ce qu'à un motif de ses zelliges, à une veine de ses marbres, à un pétale de ses jardins, et c'est non seulement Marrakech, mais encore le Royaume tout entier qui se récrient. Le 29 septembre 2009 à 9 h 09 très précisément, après une gestation d'une durée hors norme – près de trois années – le mythique palace, dont l'esprit est resté admirablement intact, pouvait enfin continuer d'écrire sa propre légende…
Architecte d’intérieur qu’on ne présente presque plus (voir notre rubrique « Gros plan » ), Jacques Garcia, grand érudit en matière d’arts et de traditions marocains, fin connaisseur et fidèle parmi les fidèles de La Mamounia depuis l’âge de vingt et un ans, semblait donc tout désigné pour mener à bien ce chantier exceptionnel dont il a en quelque sorte fait une affaire personnelle. Une légitimité qui l’a conduit, grâce à ses légions d’artisans, d’ingénieurs, de stylistes, de décorateurs… à réaliser un double tour de force. Celui de revisiter de fond en comble une vénérable maison sans en corrompre le génie propre. Celui d’avoir su y créer une atmosphère plus intimiste tout en l’ouvrant, à plus d’un titre,
sur de nouveaux horizons…
En phase avec son temps, La Mamounia millésime 2009 met à l’honneur des artistes contemporains – photographes, peintres... – marocains ou étrangers. Ici, entre Bar Churchill, salon de thé et boutiques de luxe, cette œuvre de Rachid Khimoune est l’une des 21 sculptures en bronze de sa série intitulée “Les enfants du monde”.

Invisibles au premier regard, les desks d’accueil, judicieusement dissimulés, font à l’entrée place à une mise en scène qui rappelle le caractère des grandes demeures de famille.

Dans le lobby, le dessein de l’architecte est parfaitement lisible : la création d’un grand espace ouvert qui, agrémenté de salons particuliers, confère à l’ensemble une indéniable impression d’intimité.

Qu’elles donnent sur le minaret de la Koutoubia ou sur l’Atlas, les 136 chambres et 71 suites ont été conçues avec le même soin extrême que celui apporté aux trois riads privatifs tapis dans les jardins.


Haut lieu de la gastronomie, le palace a fait appel, pour ses restaurants français et italien, à deux chefs qui à eux seuls totalisent quatre étoiles au Michelin.

le spa signé Shiseido, dont on ne voit ici que la partie émergée, occupe, au sous-sol, les 2 500 m2 de l’ancienne discothèque.

à une encablure du pavillon de la piscine, le Menzeh, transformé en pâtisserie et glacier, offre de délicieuses perspectives. |