
Fidèle au principe du riad, cette maison sans fenêtre s'organise autour d'un patio central
 Le « bhou », alcôve traditionnelle, au fond de laquelle court une calligraphie de Mohamed Aba Oubaïda
 Le plafond « jefna » que l'on retrouve dans toutes les pièces du rez-de-chaussée
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Abdellatif Aït Ben Abdallah

Un riad à la ville
Texte : Aurore Chaffangeon
Photos : Yoann hervet
Abdellatif Aït Ben Abdallah n'aurait pas imaginé vivre un jour hors de la médina… Passionné par son architecture si particulière, il a passé plus de vingt-cinq ans à recenser riads et dars pour tenter de les préserver. À travers sa société Marrakech Riad, il rénove, vend et loue ces maisons ouvertes sur le ciel. Mais il y a deux ans, il a dû quitter cet univers qu'il affectionne tant pour s'installer dans la ville moderne où sont scolarisés ses enfants. Des maisons, il en a visitées… Aucune ne correspondait à ce qu'il cherchait : pas assez de lumière, des pièces trop grandes, des plafonds trop bas, pas assez d'intimité… Il prend alors la décision de construire sa propre demeure, sur le modèle du riad traditionnel. Les trois palmiers du terrain lui servent de points de repère pour tracer les plans : les arbres seront intégrés au patio central.
Tout autour, il dessine les quatre pièces du rez-de-chaussée – un salon, une salle de télévision, une salle à manger et une chambre d'amis – hautes de cinq mètres. Pour les plafonds, il reprend le modèle « jefna », très géométrique, sur lequel il fait sculpter des médaillons en plâtre, identiques à ceux d'une maison du XVIIe siècle qu'il a autrefois restaurée. Pour les sols, les boiseries et les ferronneries, il fait appel aux artisans locaux avec lesquels il a l'habitude de travailler en médina. Derrière les murs aveugles, nul ne soupçonne ce qui se cache… Abdellatif Aït Ben Abdallah prend d'ailleurs un malin plaisir à laisser entrer les curieux qui s'arrêtent devant cette maison sans fenêtre. Si aujourd'hui il nous ouvre ses portes, c'est pour prouver qu'il est tout à fait possible d'adapter le modèle traditionnel du riad à la ville, et, ajoute-t-il en levant la tête dans son patio, « de connaître le bonheur d'être propriétaire de son bout de ciel ».

Plâtre sculpté, ferronnerie, travail du bois… C'est à toutes les facettes du savoir-faire artisanal marocain qu’Abdellatif Aït Ben Abdallah a fait appel
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