Le mot de...

Bien être
Rêve de maison
Horizons Marrakech Mode
Couleurs immobilier
Couleurs Golfs
Annonceurs du N°: 9

Consultez les anciens numéros
Inscrivez-vous à notre lettre d'information trimestrielle
Entrez votre E-mail ici

 
 
Horizons




















Rabat, la plus royale des
villes impériales

Elles sont quatre… Il y a Fès, la sainte, l’altière, lovée sur le mystère de sa médina, Meknès, somnolente et nostalgique, hantée par la mémoire d’une gloire à jamais révolue, Marrakech, la plus ancienne et pourtant la plus jeune, extravertie, ivre de fêtes et de plaisirs, Rabat enfin, la sage, la discrète, belle sans coquetterie, élégante sans affectation… Quatre villes impériales, quatre perles dont le Maroc a paré ses mille ans d’histoire… Or c’est paradoxalement la dernière, pourtant capitale du royaume depuis bientôt un siècle, qui est sinon la moins connue, du moins la plus méconnue…

La kasbah des Oudayas, un ancien nid de pirates devenu un des hauts lieux de la douceur de vivre r’batie

Est-ce le contraste avec l’énergie survoltée de sa voisine Casablanca qui fait paraître Rabat si sereine et si policée ?
Il y a évidemment quelque absurdité à qualifier de provincial le rythme de vie tranquille de la capitale. C’est pourtant le mot qui vient irrésistiblement à l’esprit. L’explication est claire, diront les mauvaises langues : on ne peut redouter la moindre agitation dans une ville de fonctionnaires. Soit… Mais nul doute que son charme tient à cette atmosphère paisible, autant qu’à son site océanique, à ses parcs et à ses jardins, à ses ruelles ombragées bordées de résidences cossues, à son étonnante propreté. Même son climat refuse les excès, avec des hivers doux et des étés rafraîchis par les brises du large. Comment imaginer que Rabat fut durant des siècles un nid de pirates dont les raids semaient la terreur sur toutes les mers du monde (voir encadré) ? Aujourd’hui, dès le soir venu, on vient goûter la tiédeur de l’air aux terrasses de l’avenue Mohammed V – l’une des plus belles du Maroc, avec ses palmiers majestueux, ses pelouses et ses fontaines – on déambule sans hâte dans les ruelles de la médina, on rêve seul – et le plus souvent à deux – dans le jardin andalou des Oudayas. Le bruit et la fureur d’autrefois semblent ici aussi improbables que de vieilles légendes…

La légende des siècles

L’étranger qui vient au Maroc recherche avant tout le dépaysement, ce qui est après tout parfaitement légitime.
À Rabat, pourtant, la ville moderne – voulue par Lyautey, elle fut bâtie par Henri Prost, à qui l’on doit également la conception de la partie européenne de Casablanca – exerce une telle séduction qu’on la visite avec autant de plaisir que la médina ou les Oudayas : les parcs publics – dont celui du Triangle-de-Vue, vaste et reposant – en font une véritable cité-jardin, les avenues aux larges perspectives respectent les axes traditionnels de circulation tout en mettant en valeur les monuments anciens, tandis que les immeubles Art déco de l’époque du Protectorat, la cathédrale Saint-Pierre avec ses hautes tours blanches d’inspiration arabo-andalouse et les bâtiments officiels – la poste principale et la gare ferroviaire, par exemple – frappent par leur architecture inventive et raffinée. Quant aux quartiers résidentiels, celui de l’Agdal en particulier, ils baignent dans une telle paix fleurie qu’y flâner sans but est un bonheur chaque fois renouvelé.
Quel que soit le charme des quartiers coloniaux, Rabat ne serait qu’une jolie ville agréable à vivre si elle n’avait gardé autant de témoignages de son passé. Quatre sites majeurs,
la médina, la kasbah des Oudayas, le Chellah et la tour Hassan démontrent à quel point elle est encore solidement ancrée dans son histoire.
Abritée derrière deux longs remparts – l’enceinte des Almohades, élevée au XIIe siècle, et la muraille des Andalous – (XVIIe siècle), la médina n’a certes pas le pittoresque de celle de Fès ou de Marrakech. Mais, moins courue par les touristes, elle a gardé une authenticité qui la rend infiniment attachante. Peu étendue, elle peut être parcourue d’autant plus facilement que son plan très géométrique permet de s’y repérer sans difficulté. Sa visite peut être couplée avec celle de la kasbah des Oudayas dont elle n’est séparée, au nord, que par le boulevard Tarik al Marsa. Parmi ses cinq portes d’entrée, on choisira Bab al Had, à l’angle des deux murailles, la plus monumentale avec les deux grosses tours qui la flanquent, celle aussi à laquelle s’attachent les souvenirs les plus morbides, puisque les sultans y exposaient les têtes décapitées des condamnés à mort. On empruntera alors la rue Souika, artère principale du souk, et après avoir longé la grande mosquée, on s’engagera à gauche dans la rue des Consuls – si belle avec ses fondouks et sa couverture de verrières et de claies de roseaux – où résidaient jusqu’au début du XXe siècle les diplomates étrangers, dont les maisons sont reconnaissables à leurs fenêtres donnant sur la rue, contrairement à la tradition marocaine. Si l’on dispose d’un peu de temps, on parcourra les ruelles qui mènent au cœur de la médina ; sinon, on ira jusqu’au bout de la rue des Consuls, jusqu’au souk El Ghezel, où les pirates mettaient autrefois en vente leurs captifs. En face, précédée d’une volée de marches, s’ouvre la Grande Porte des Oudayas, à la fois colossal ouvrage défensif et œuvre d’art sculptée avec une infinie délicatesse…
À voir son sévère corset de murailles bastionnées, à se souvenir que des générations de pirates s’y sont succédé et que son nom lui vient d’une féroce tribu de pillards installés là par le sultan pour contenir les assauts d’une autre tribu de pillards, les Zaër, on imagine un univers rigide et sombre qui tiendrait du château fort et de la caserne. Rien de plus lumineux, rien de plus gai au contraire que la kasbah des Oudayas : des venelles tortueuses et pourtant inondées de soleil, des maisons aux murs peints de blanc et de bleu tendre dominées par la plus ancienne mosquée de Rabat, des terrasses débordantes de bougainvillées et d’hibiscus et, d’une vaste esplanade bordée de remparts, un panorama éblouissant sur l’océan et l’embouchure du Bou Regreg.
Au bas d’une ruelle ponctuée d’escaliers imprévisibles, en surplomb de la falaise, l’exquis Café Maure aligne à l’ombre des pergolas ses banquettes ornées de zelliges, et au-delà d’une haute porte, le jardin andalou, intime et ravissant, bruissant d’oiseaux, reflète dans l’eau dormante de ses bassins une prodigieuse exubérance d’arbres et de fleurs. Ainsi, les farouches pirates r’batis habitaient un village de poètes… L’âme humaine est décidément imprévisible.
Et puisqu’il est question de poésie, comment ne pas succomber à celle du Chellah ? À deux kilomètres seulement du centre-ville, ce site bucolique clos de superbes murailles crénelées abrite les ruines d’une cité romaine antique – Sala Colonia – et d’une nécropole mérinide.
À l’ombre des palmiers, des orangers et des eucalyptus, des sentiers vagabondent entre les piliers d’un arc de triomphe et les péristyles d’une médersa, les dalles d’un forum et les stèles d’un mausolée, un minaret aux faïences polychromes et les vestiges d’une basilique… Insolite rencontre des siècles et des civilisations… Sur ce champ de mémoires fracassées, des cigognes planent lentement… Loin, très loin, la grande rumeur de la ville pourrait être celle du vent ou de la mer. Au pied de la colline, l’oued impassible achève sa course vers l’océan, comme il y a cinq cents ans, comme il y a deux mille ans. Et la nuit tombée, quand la grande porte se referme sur son mystère, nul doute que des fantômes vêtus de toges ou coiffés de turbans reprennent possession du Chellah…
Poésie encore… La nudité minérale de l’esplanade dallée où s’élève la tour Hassan a l’étrangeté onirique d’un univers à la Chirico. Là où, au XIIe siècle, le sultan Yacoub el Mansour avait projeté de bâtir l’une des plus grandes mosquées du monde ne restent plus que des alignements de colonnes tronquées et un minaret inachevé.

location de voitures marrakech

Aux petites heures de la matinée, avant l’arrivée des premiers visiteurs, quelques silhouettes glissent silencieusement entre les colonnes. À l’entrée du mausolée de Mohammed V, dont les murs de marbre ferment un côté de l’esplanade, les gardes royaux au burnous rouge et blanc restent figés dans un interminable garde-à-vous. Et contemplant Rabat qui s’éveille, toute blanche sous le bleu laiteux du ciel, le voyageur assis à l’ombre du minaret rêve de pouvoir, ne serait-ce qu’une heure, arrêter le temps.…

Vingt-cinq siècles d’histoire…

Rabat tire son nom d’un « ribat », un couvent fortifié qui, vraisemblablement dès les débuts de la conquête arabe, avait été édifié pour lutter contre les tribus non converties. Mais il ne s’agit pas de la première occupation du site. On peut tenir pour certain que dès le VIe siècle av. J.C., les Phéniciens faisaient escale à l’embouchure du Bou Regreg. Quant à la ville romaine de Sala Colonia – le Chellah aujourd’hui – elle est déjà mentionnée sous le règne de l’empereur Claude. C’est au sultan Abd el Moumen que l’on doit d’avoir, vers 1150, transformé le « ribat » en kasbah, et à son petit-fils Yacoub el Mansour, d’avoir entrepris de créer autour de la kasbah une véritable ville, dont il songea à faire sa capitale. Projet sans lendemain… Jusqu’au XVIIe siècle, Rabat restera une bourgade modeste. Sa résurrection commence avec l’arrivée des Andalous, chassés d’Espagne par la Reconquista. La ville s’enrichit grâce à la « course » en mer, et avec Salé, se constitue même en 1627 en une curieuse « République du Bou Regreg », qui attire des pirates du monde entier, dont même des Chrétiens. L’éphémère république est annexée en 1666 au royaume chérifien, et si Rabat demeure une ville active, elle ne joue qu’un rôle politique mineur. Il faut attendre 1912 pour que Lyautey en fasse dès le début du Protectorat la capitale administrative du Maroc, rôle que confirmera à l’Indépendance le roi Mohammed V. Son fils Hassan II contribuera, en embellissant la ville, à en faire la vitrine du royaume.

Années 1920 - Déchargement de chameaux dans le port de Rabat

Les pirates de Rabat-Salé

Au début du XVIIe siècle, au nom de la « vraie foi », le roi Philippe III fait expulser du sol espagnol les Musulmans. Quarante mille d’entre eux trouvent refuge au Maroc, dont huit mille à Salé. Leur haine à l’égard des Espagnols est grande… La piraterie va leur donner l’occasion de se venger.
Salé est établie sur la rive droite de l’oued Bou Regreg ; en face, distante d’à peine quelques centaines de mètres, la kasbah des Oudayas élève ses murailles et ses tours à l’aplomb d’une haute falaise : côté mer, une barre de sable rend quasi infranchissable l’embouchure de l’oued pour ceux qui n’en connaissent pas les passes. Si l’on y ajoute les hauts fonds, les récifs et les redoutables déferlantes qui les battent, on comprend pourquoi les pirates de Salé et de Rabat n’ont plus rien à craindre, une fois rentrés, des navires lancés à leur poursuite.
Les Espagnols seront donc leurs premières victimes, puis les attaques s’étendront aux Chrétiens en général, toujours plus loin des côtes marocaines. Des campagnes annuelles s’organisent d’avril à octobre, qui mènent les pirates, jusqu’en Irlande, voire pour certains jusqu’à Terre-Neuve.
Les puissances étrangères vont à plusieurs reprises tenter de mettre fin à cette invasion maritime. Sans succès... Leurs flottes n’arriveront pas à bloquer la sortie de la rade, pas plus qu’à détruire la ville. La kasbah est solidement fortifiée et, du haut de son promontoire, elle est quasiment inaccessible aux canons.
Il faudra attendre 1666 pour que les pirates deviennent corsaires. À cette époque, le Sultan Moulay Rachid étend son pouvoir sur tout le royaume. La piraterie devient légale, soutenue et régie par le sultan. On parlera dès lors de Djihad maritime… Aurore Chaffangeon

La tour Hassan, magnifiquement restaurée, est aujourd’hui le monument emblématique de Rabat

Le palais Tazi

À deux pas de l’avenue Mohammed V, de hauts murs aveugles dissimulent le plus mystérieux des palais de Rabat. Bâtie au tout début du XXe siècle par Haj Omar Tazi, alors Grand Vizir du Royaume, cette résidence d’un luxe inouï étend sur trois hectares ses six riads – deux vastes et solennels, quatre plus intimes – et comprend plus d’une centaine de pièces. Dans l’un des jardins, une coupole octogonale, la « Folie », aux lumineuses façades vitrées, et un pavillon andalou se font face. Dans chaque riad, des arbres immenses – certains atteignent trente mètres de hauteur – abritent des bassins et des fontaines de marbre. Plafonds de cèdre sculpté, lustres en cristal de Baccarat, meubles rares venus d’Europe, tapis persans en soie, zelliges conçus par les plus grands « maalems » de l’époque, les pièces d’apparat et les salons marient avec bonheur les arts décoratifs marocains et occidentaux. Le palais Tazi, où réside encore la veuve du Grand Vizir, révélera bientôt ses secrets à une poignée de privilégiés. Transformé en palace, il sera devenu d’ici à deux ou trois
ans l’une des adresses hôtelières les plus prestigieuses du Maroc.

Texte CAROLINE DE BEAUREGARD
photos MATHIEU GAST




















Entre mer et montagne

Entre mer, forêts et montagnes, les environs de Rabat offrent d’innombrables richesses culturelles et naturelles. Sur l’autre rive du Bou Regreg, Salé, la proche voisine tout à la fois rivale et jumelle, semble surgie d’un autre siècle, avec sa médina où le mode de vie semble être resté immuable, à des siècles de celui de la capitale. Sur la côte, pourtant si hostile dans sa splendeur barbare, s’ouvrent de loin en loin des anses et des baies aux plages superbes, tandis qu’à l’embouchure des oueds, des lagunes parfois immenses accueillent par milliers les oiseaux migrateurs. Dans l’arrière-pays, enfin, où s’étend la plus vaste forêt au monde de chênes-lièges, gorges, cols et vallées perdues se succèdent dans des paysages d’une beauté renversante encore totalement ignorés du tourisme…


Elle fut tour à tour capitale du royaume des Beni Ifren, port richissime où venaient faire escale navires flamands, anglais ou vénitiens, siège de l’éphémère République du Bou Regreg, le seul État pirate que l’histoire ait connu… Et puis est venu le déclin. Lentement asphyxiée par la montée en puissance de Rabat, Salé s’est repliée sur sa gloire passée, avec l’orgueil d’une aristocrate ruinée. Tout se passe comme si le choc culturel de la rencontre avec l’Occident l’avait épargnée. Enfermée dans ses murailles, la médina vit à un rythme oublié, et vue des remparts, au-delà de l’immense champ de tombes du cimetière de Bab Maalqa et des rives de l’oued, Rabat l’éternelle rivale semble appartenir à un autre monde. Silence des ruelles, portes closes sur le mystère de maisons aux façades blanches, placettes ombragées de ficus et d’orangers, groupes d’hommes bavardant doucement à l’entrée d’une mosquée… Pas de pièges à touristes dans les souks, où les boutiques ne proposent que l’humble nécessaire. Et pour cause… Inexplicablement, les touristes sont en effet rares à Salé, malgré ses richesses architecturales. Bab Misra, l’une des portes du rempart, la médersa du XIVe siècle, bâtie par le sultan Abou el Hassan, le marabout de Sidi Abdallah ben Hassoun, la koubba de Sidi ben Acher ou la Grande Mosquée mériteraient pourtant une plus juste réputation. Mais on ne peut se plaindre, après tout, de vagabonder presque seul dans une médina restée à ce point « dans son jus », comme disent les antiquaires d’un objet dont la patine garantit l’authenticité…

Coup de cœur

Sur la plage de Salé
Entre le rempart et le Bou Regreg, une plage que prolonge une jetée offre la plus belle vue qui soit sur la kasbah des Oudayas. Allez-y le matin quand, à la renverse de marée, les barques bleues des pêcheurs rentrent au port – par grand vent, les voir franchir la barre de l’embouchure est un vrai spectacle – et assistez à la criée du poisson. Vous pourrez même choisir votre bar, votre sole ou vos sardines, et moyennant quelques dirhams, les faire préparer dans les petits restaurants de plein vent qui bordent la plage.

Une côte si violente et
si douce…

Rectiligne, balayée par des vents inlassables, obstinément battue de déferlantes venues du fond de l’horizon, bordée de dunes noyées d’embruns, la côte atlantique des environs de Rabat est l’une des plus sauvagement belles du Maroc. C’est par dizaines de kilomètres que s’étirent des plages rectilignes, baignées d’un océan si hostile que même un surfeur suicidaire ne pourrait songer y aventurer sa planche. Cette barbarie splendide appelle, non aux émolliences balnéaires, mais à d’enivrantes randonnées entre deux déserts, celui du sable et celui de la mer. Mais parfois s’ouvre le miracle d’une baie protégée par des pointes rocheuses. À Skhirat, (voir notre rubrique « Mille et Une Nuits »), à Mehdia ou à Sidi Bouknadel, l’océan apaisé – attention cependant aux courants – les chaises longues et les parasols reprennent leurs droits. Au nord de Salé, trois hauts lieux au moins méritent que l’on y consacre un circuit d’une journée : la réserve naturelle de Sidi Bourhaba – un lac côtier enserré dans une forêt d’eucalyptus où font étape des nuées d’oiseaux migrateurs – la kasbah de Mehdia, qui domine magnifiquement l’embouchure de l’oued Sebou – et enfin Moulay Bousselham, que les dieux du tourisme ont véritablement comblé. Le site est admirable : une plage abritée, un port de poupées, des dunes plantées de mimosas où se dessine le dôme blanc d’un marabout, et surtout, reliée à la mer par une passe étroite, la lagune de Merja Zerga, dont les sept mille hectares, rendez-vous annuel d’innombrables migrateurs ailés venus d’Afrique Noire ou de Scandinavie, flamants roses, oies cendrées, fous de Bassan, tadornes, canards siffleurs ou sarcelles… Les pêcheurs du village, qui se transforment à l’occasion en guides compétents, conduisent dans leurs barques d’inoubliables explorations ornithologiques.

Coup de cœur

La Maison des Oiseaux, BP 66, 14302 Moulay Bousselham. Tél. : +212 (0) 61 30 10 67
À deux pas de la lagune et du petit port, le lieu est idyllique, avec ses chambres joliment décorées donnant de plain-pied sur un jardin fleuri. Accueil chaleureux de Gentiane, dont le mari, Karim, est un guide ornithologue réputé. Dans le lumineux atelier de la maîtresse de maison, stages de peinture et de yoga. Nuit en 1/2 pension : 30 ¤ par personne ; découverte de la réserve en barque : 30 ¤ par personne pour 3 heures.

Terre de guerriers

On vient de quitter Rabat en direction de Rommani, et le plat pays que l’on a traversé a d’abord surpris par sa monotonie : plaines cultivées jusqu’à l’horizon, petits villages prospères, rideaux de peupliers… rien a priori d’enthousiasmant. Et puis brusquement, la route a basculé au fond d’un canyon et le paysage, tout à l’heure si apaisé, est devenu abrupt, presque violent. Plus de champs ni de pâturages, mais une forêt sombre, des oueds au lit sec surplombés par des falaises ocre ou grises, des fermes solitaires, des hameaux perdus, des pistes qui semblent ne mener nulle part, de rares troupeaux de chèvres disséminées
aux flancs de monts pierreux. Rien d’étonnant à ce que des tribus guerrières aient longtemps tenu ce pays, somptueusement brutal à leur image, défiant jusqu’au XIXe siècle l’autorité des sultans. Le sultan Moulay Ismaïl ne put contenir les assauts contre Rabat de la plus redoutable d’entre elles, les Zaër, qu’en installant les Oudayas, dont la férocité n’était pas moins réputée, dans la kasbah qui porte aujourd’hui leur nom. De Merzaga à Maaziz, Sidi Abbou, Oulmès, Ouljet es Seltane et Khemisset, les petites routes qui mènent de gorges en plateaux déserts, de cols en vallées oubliées, de forêts de mimosas en alpages battus par le vent traversent des paysages inoubliables, presque vides d’hommes. Dans les rares villages assoupis à l’ombre du minaret, les travaux et les jours se déroulent sans heurts, comme si les descendants des guerriers Zaër, Zemmour et Zaïane voulaient obstinément rester sourds au grand fracas du siècle…

Coup de cœur

Hôtel des Thermes, Oulmès, Tarmilate. Tél. : +212 (0) 37 52 31 56 / 73
Le seul hôtel digne de ce nom dans la région est situé près des sources de la fameuse eau minérale Oulmès. Ce n’est pas un palace, et sa déco années 30 aurait besoin d’un sérieux rafraîchissement. Mais il est calme, les lits sont confortables, la cuisine est loyale et le personnel souriant. Surtout, le site est exceptionnel, et les pistes qui en partent – en particulier celle qui conduit à la source Lalla Haya – offrent des circuits de randonnée d’une rare beauté. Chambres doubles de 148 à 237 Dh, petit déjeuner 26 Dh, repas 93 Dh. Ouvert toute l’année. Trajets A/R en 4x4 à la source (une heure environ seulement, mais attention au vertige) : 75 Dh.

Pratique

Où loger ?

À Rabat

Hôtel Sofitel Diwan Place de l’Unité Africaine, Hassan. +212 (0) 37 26 27 27
Des chambres spacieuses et impeccablement équipées, un service irréprochable, une propreté méticuleuse, une table de qualité (voir « Addition »)… Idéalement placé au centre-ville, cet établissement au-dessus de tout éloge est sans conteste l’une des meilleures adresses de la capitale. Chambres doubles à partir de 1 300 Dh, juniors suites 2 400 Dh, petit déjeuner 140 Dh.



Hôtel Tour Hassan 26, rue Chellah. +212 (0) 37 70 42 02
De beaux volumes intérieurs, une décoration soignée, une piscine dans un grand jardin, deux restaurants, un hammam, un sauna, une salle de fitness... On comprend que l’hôtel Tour Hassan soit depuis toujours l’adresse favorite des hommes d’affaires et des diplomates. Chambres doubles de 2 500 à 3 500 Dh, junior suites à partir de 6 500 Dh, petit déjeuner compris. Au restaurant international, buffet de 220 à 250 Dh, carte aux environs de 250 Dh. Au restaurant marocain, comptez environ 300 Dh.

Villa Mandarine 19, rue Ouled Bousbaa, Souissi.
+212 (0) 37 75 20 77
Une pure merveille que cette maison de famille transformée en un hôtel intime et luxueux. Claudy Imbert, professeur d’histoire de l’art, en a conçu la décoration et a accroché aux murs les œuvres de ses peintres préférés. Entre le grand jardin planté d’orangers – trois hectares – l’immense patio, les chambres d’un confort absolu, la salle de billard, le bar, les salons et la vaste salle à manger – où le chef Jérôme Meyer sert une cuisine inventive et raffinée – on évolue dans un univers dont le charme confine à la perfection. Chambres doubles 1 800 Dh, petit
déjeuner compris, suites à partir de 2 500 Dh, menu déjeuner d’affaires 180 Dh, dîner à la carte environ 300 Dh.

À Skhirat

L’Amphitrite Palace Skhirat Plage, 12050 Skhirat.
+212 (0) 37 62 10 00
Voir notre rubrique « Mille et Une Nuits ».

À Sidi Bouknadel

Hôtel Firdaous Plage des Nations. +212 (0) 37 82 21 31
À 17 km au nord de Rabat, cet établissement à la déco certes contestable, bénéficie d’un excellent confort et d’une situation privilégiée sur l’une des plus belles plages de la côte. 17 chambres dont une suite, balcons sur mer, restaurant, bar, snack, piscine, discothèque… Chambres doubles 480 Dh, suite 525 Dh, petit déjeuner 90 Dh, repas au restaurant gastrono-mique 200 Dh environ

Où déjeuner, où dîner ?

La Mamma 6, rue Tanta. +212 (0) 37 70 73 29
Il y a certes plus marocain que cette sympathique adresse. Mais l’atmosphère bon enfant, les nappes à carreaux, les nourritures loyales généreusement servies et les prix modérés expliquent le succès jamais démenti du lieu. Pizzas de 60 à 82 Dh, grillades de 71 à 140 Dh, pâtes de 45 à 65 Dh.

Le Grand Comptoir 279, avenue Mohammed V.
+212 (0) 37 20 15 14
Il ne faut pas être devin pour prédire qu’avec cet emplacement, cette déco de brasserie parisienne et ces plats du terroir hexagonal – andouillette, rognons de veau, par exemple – cette nouvelle adresse est promise à un joli succès. Hâtez-vous si vous voulez précéder la mode…

La Péniche Rive droite du Bou Regreg. +212 (0) 37 78 56 59/61
Eh oui ! Une vraie péniche qui naviguait sur la Meuse et le Rhin, descendue par les canaux jusqu’en Méditerranée, embarquée jusqu’à Casablanca, puis venue par ses propres moyens jusqu’à cette rive du Bou Regreg. Une bonne cuisine de poissons, des déjeuners croisières sur l’oued à partir de 160 Dh, des animations musicales live tous les soirs. L’endroit ne manque ni de charme, ni de pittoresque…

L’Entrecôte 74, rue Al Amir Fal Ould Omei. +212 (0) 37 67 11 08
Plus qu’un lieu à la mode, cette adresse est une institution. Atmosphère bon chic avec un zeste de rusticité bon genre, poissons remarquables et très belles viandes. À quoi il faut ajouter une carte des vins bien équilibrée… Pour un dîner à la carte, comptez entre 300 et 350 Dh.

À visiter

Rabat

Musée de la Monnaie Banque du Maroc, rue du Caire. +212 (0) 37 70 26 26
L’histoire du Maroc racontée de façon vivante à travers celle de ses monnaies.

Musée des Oudayas Jardin andalou de la kasbah.
+212 (0) 37 72 61 64
Collections de bijoux, de poteries, de tapis et d’instruments de musique.

Musée archéologique Rue Al Brihi. +212 (0) 37 70 19 1
Collections néolithiques, phéniciennes et surtout romaines. Une salle est consacrée à l’art islamique.
Sidi Bouknadel

Musée Dar Belghazi Route de Rabat. +212 (0) 37 82 21 78
De très riches collections d’art traditionnel – vêtements, poteries, armes, etc – et une salle réservée au patrimoine juif marocain.

TEXTE STEPHANIE BELLEGARDE
PHOTOS MATIIEU GAST

   
   
Partenaires: appartement marrakech circuit maroc riad marrakech hotel marrakech hotel marrakech supdeco marrakech