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Rachid Bouchareb lève
le voile
Rachid Bouchareb est cinéaste,
producteur et réalisateur. Il a choisi Ouarzazate pour
entamer son huitième long-métrage. Son film
« Indigènes » relate l’expérience
douloureuse des quelque 110 000 Maghrébins qui ont
participé aux offensives alliées de la Seconde
Guerre. Engagés sur tous les fronts - Italie, Allemagne,
Vosges… -, ils n’ont bénéficié
d’aucune reconnaissance lors des commémorations
du conflit. Le film nous conte l’histoire d’Abdelkader,
Saïd, Messaoud et Yassir. Alors que les soldats Français
débarquent au Maroc, Saïd alias Jamel Debbouze,
naïf éleveur de chèvres, s’engage
au nom de la « Mère Patrie », comme tant
de goumiers et de tirailleurs, dans cette épopée
qui n’est pas la sienne. « Ce film va me permettre
de raconter que nous sommes légitimes en France, que
c'est notre pays. Nos arrière-grands-parents ont été
appelés pour défendre la France, la mère
patrie.
Ils l'ont fait vaillamment. Leur désillusion est à
la mesure de leurs espoirs. Ils s’étaient engagés
en croyant obtenir la reconnaissance d’une « France,
terre d’accueil » confie Jamel Debbouze, plus
rêvée que réelle. Ils n’auront recueilli
que racisme et ségrégation…
Côté casting : Jamel Debbouze, Sami Bouajila,
Roschdy Zem et Samy Naceri
Trois questions à Rachid Bouchareb
Pourquoi avoir choisi le Maroc pour tourner ?
Parce que le recrutement de l'armée d'Afrique s'est
aussi fait au Maroc et qu'il fallait concentrer les lieux
en un seul. Le partenariat avec M. Debbouze nous a incités
a faire du Maroc le seul lieu représentant le Maghreb.
"La terre et les hommes" ont-ils
une influence sur les conditions de tournage ?
La terre a eu une influence car nous avons été
victimes d'intempéries exceptionnelles, mais les hommes
ont été extraordinaires (militaires, techniciens,
acteurs…) Sans eux, le film aurait été
impossible.
Quelle place occupent, aujourd'hui, les réalisateurs
marocains dans le 7e art ?
Je connais quelques réalisateurs marocains, mais je
pense que le développement de la cinématographie
marocaine passe par les aides publiques qui sont mises en
place et qui, je l'espère, se développeront.
Long-métrages au Maroc…
Hormis le tournage du film de Rachid Bouchareb, qui vient
de s’achever au Maroc, signalons celui que Diane Kurys
vient d’entamer dans la Palmeraie de Marrakech.
« L’anniversaire » réunit
notamment Michelle Laroque, Jean-Hugues Anglade, Lambert Wilson,
Pierre Palmade et Isabella Ferrari.
À noter également, à Sidi Abderrahmane,
le clap de début du nouveau film de Narjiss Nejjar
« Wake up Morocco ». Côté casting
: Kacem Benhayoun, Fatima Zahra Ibrahimi, Hassan Skalli, Mourad
Zaoui, Alya Slimani, Siham Assif, Hassan Ksouss…
Guide du cinéma
En collaboration avec le Centre Cinématogra-
phique marocain, et à l’initiative de Moustapha
Sharif, une maison d’édition s’attèle
enfin à l’élaboration d’un guide
du cinéma au Maroc. Cet ouvrage de 350 pages, qui sera
prêt pour le prochain Festival international du Film
de Marrakech, comportera une rubrique artistique, technique
et journalistique. Son intérêt: il fournira des
informations pratiques aux producteurs et réalisateurs,
étrangers ou nationaux, désireux de
tourner au Maroc.
Projets de tournage
au Maroc :
« Babel » du Mexicain Alejandro
Gonzalez
« Dix comman- dements »
du Roumain Robert Dornhelm
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