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L’amande,
amère et douce comme l’amour…
Sa saveur, fine et très goûteuse, en a
fait l’aristocrate des fruits secs. Au Maroc,
l’amande a toujours été, même
chez les plus pauvres, l’offrande par laquelle
on honore ses hôtes,
la compagne attendue de toutes les fêtes,
un signe incontestable de raffinement...
es plus anciennes cultures d’amandiers sont attestées
en Grèce dès 4000 ans avant JC, aux côtés
de vergers produisant des poires, des olives et des
figues. Les Hébreux les introduisirent en Égypte,
les Romains rapportèrent en Europe occidentale
la « noix grecque » avant que les Arabes
ne la propagent sur tout le pourtour méditerranéen,
au fur et à mesure de leurs conquêtes.
Au Maroc, s’il n’est pas aisé de
situer l’époque exacte à laquelle
l’amandier a été introduit, il semble
que, résistant remarquablement à la sécheresse
et très peu exigeant, il se soit implanté
spontanément dans les vallées et sur les
plateaux de l’Atlas.
Le goût des amandes
Les Marocains reconnaissent à l’amande
mille et une vertus culinaires. Pour tous, elle est
un délice, un « fruit d’honneur »
que l'on déguste les jours de fête. Offerte
aux hôtes en breuvage, en pâtisserie ou
simplement grillée, elle symbolise la joie, la
santé et la bonne fortune.
Dans la gastronomie marocaine, l’amande s’accommode
de cent façons. On la retrouve au cœur des
mets les plus fins comme la pastilla, les tagines sucrés-salés,
les cornes de gazelle parfumées ou les dattes
fourrées. Le miel d'amandier, à la fois
clair, savoureux et très aromatisé est
tout aussi recherché.
Sa consommation à des fins médicinales
est une tradition séculaire. Ses graines oléagineuses
sont réputées avoir des effets relaxants
et favoriser le travail intellectuel, tandis que l’huile
que l’on en extrait se révèle excellente
pour la peau, les ongles et les cheveux. Riche en oligo-éléments,
en vitamines, en antioxydants et en acides gras poly-insaturés,
l’huile d’amande douce possède toutes
les armes nécessaires pour protéger, hydrater
et régénérer l'épiderme.
Des qualités qui en font une huile de massage
hors pair.
Quand la fleur vient à éclore…
La floraison de l'amandier, en plein mois de février,
est attendue chaque année avec impatience. Premier
arbre fruitier à fleurir, à une période
où il gèle encore le matin, il se voile
alors de rose et de blanc pâles. Tafraoute, au
cœur de l'Anti-Atlas, n'est jamais aussi belle
qu'à la fin de l’hiver, dans l'éphémère
et abondante éclosion de ses fleurs d'amandiers,
dont le nectar réveille les abeilles engourdies
par l'hiver. Les habitants de la région, émerveillés,
célèbrent alors l’événement
avec des chants et des danses.
L’autre grande fête organisée en
l’honneur de l’amande est le « Moussem
des amandes » de Taza, à la fin de l’été,
lors de la cueillette. Ce rendez-vous annuel a pour
but de mettre en relief les programmes de développement
des amandiers, des oliviers, des figuiers et des essences
forestières dans la région, et de faire
connaître les variétés d’amandes
produites dans le cercle d’Aknoul. Le retentissement
de ce moussem est considérable pour les producteurs
d’amandes, non seulement sur les plans régional
et national, mais également au niveau international.
Au Maroc, les vergers traditionnels restent localisés
dans les régions pré-rifaines et rifaines,
les massifs de l’Anti-Atlas et les zones arides
- régions de Tafraoute, d’Azilal et de
la vallée du Drâa. Les arbres disséminés
dans les montagnes ont
des rendements très aléatoires et leurs
fruits sont essentiellement réservés à
l'autoconsommation, le surplus éventuel étant
commercialisé dans les souks. Des plantations
semi-intensives, conduites selon des techniques modernes,
existent dans les provinces de Fès-Meknès,
de Safi, d’Essaouira et de Marrakech. Elles participent
à 70 % de la production nationale.
Chaque variété d'amande est destinée
à une utilisation différente, suivant
sa taille et sa saveur, voire sa forme : l’Abiod
orne les confiseries destinées aux noces ; la
Marcona, au goût légèrement amer,
est considérée comme
la « Rolls » des amandes ; la Nec plus Ultra,
d’origine californienne, est réputée
la meilleure pour être consommée fraîche
; la Ferraduel, grâce à sa forme plate
et à son arrière-goût sucré,
est parfaite pour confectionner des dragées ;
l’amandon de la Fournat de Brezenaud, enfin, est
très recherché en pâtisserie.
L’amande, compagne des moments de fête
Tagine d’agneau aux fruits secs
1/2 kg d’agneau
1/2 oignon haché
250 g d’abricots secs
250 g de pruneaux secs
100 g d’amandes émondées et grillées
1/4 de cuillerée à café de gingembre
moulu
1/4 de cuillerée à café de cannelle
moulue
3/4 de verre à thé d’huile
persil et coriandre hachés
2 cuillerées à café de sucre semoule
sel et poivre
Faites revenir tous les ingrédients dans une
cocotte. Ajoutez 1/2 litre d’eau et laissez cuire
à feu doux. Prélevez un petit bol de sauce
de la cocotte. Réservez.
Faites tremper les pruneaux et les abricots pendant
1/2 heure dans de l’eau tiède. Lavez-les
puis versez-les dans la cocotte, avec le bol de sauce
réservée. Laissez cuire le tout à
feu doux. Ajoutez le sucre.
Placez la viande au centre d’un plat à
tagine. Par-dessus, disposez les pruneaux et les abricots.
Décorez avec les amandes et quelques graines
de sésame.
Cette recette nous a été aimablement
fournie par le chef du restaurant « Dari »
à Marrakech.
À savoir :
L'amandier est, après l'olivier, l'espèce
fruitière
qui occupe la
plus grande superficie au
Maroc, soit environ 130 000 hectares pour 16 millions
d'arbres.
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