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Mille et une nuits




Mille et une nuits

Dar Al Andalous

La maison gigogne
Son nom ne le laisse pas deviner, mais Dar Al Andalous n’est pas une maison comme
les autres. Il s’agit en fait de
« deux maisons emboîtées l’une
dans l’autre » pour reprendre l’expression de Mohamed, son propriétaire. Et en effet, deux patios clairs – l’un habillé de zellige vert et blanc, l’autre de zellige blanc et bleu – sont reliés par une passerelle. Dans le premier, des tables dressées pour le dîner, deux orangers et une fontaine. Dans le second, une autre fontaine, un piano et des fauteuils. Dans les murs blancs, de monumentales portes à vantaux de cèdre s’ouvrent sur les trois suites royales.
Quand, en 2001, Mohamed et son épouse Nawal en font l’acquisition, les bâtiments sont dans un état de délabrement total. Après deux ans de travaux confiés à des maalems locaux, le résultat est éblouissant. Car les nouveaux propriétaires ne se sont pas contentés de restaurer, ils ont remodelé ces deux maisons de notables construites au début du XXe siècle.
Mohamed, élevé dans un grand palais fassi, a ainsi recréé l’univers de son enfance. Parmi les éléments nouveaux, on compte les deux fontaines, les salles de bains des suites, la passerelle blanche qui relie les deux parties du riad, et surtout une double verrière monumentale qui s’ouvre et se ferme grâce à un système de rails emboîtés dont l’inventeur n’est autre que Mohamed. Système si ingénieux et si utile – il donne à la fois l’agrément d’un patio ouvert, principe même du riad, et celui d’un toit, fort appréciable en saison hivernale – qu’on se demande pourquoi il ne l’a pas fait breveter...
Si l’idée des verrières revient à Mohamed, c’est à Nawal que l’on doit la décoration des huit suites et des quatre chambres. Aux matériaux traditionnels – stuc, zellige, bois sculpté, vitraux colorés – elle a ajouté sa touche personnelle, donnant à chaque pièce une couleur et un style. Aux plus majestueuses des suites, Nawal a donné le nom de dynasties arabes : la rouge « Idrissides », qui s’ouvre sur la perspective des deux patios, avec son lit à baldaquin, son salon marocain et sa salle de bain en tadellakt ocre ; la « Saadiens », verte, et en face la « Mérinides », mauve, avec sa douche turquoise aux formes arrondies ; la suite « Almohades » se distingue par un long corridor dominant les patios,
et la suite « Almoravides » bénéficie d’un accès privilégié à la passerelle. Parmi les autres, « Douiria » se singularise par sa mezzanine et son petit salon, « Menzeh » par sa salle de bains lumineuse où, dans les remous du jacuzzi, les jeux de lumières des vitraux font chanter le tadellakt rose des murs. Quant à la suite « Shéhérazade », orange, sa fenêtre s’ouvre juste au-dessus de l’oranger qui répand son parfum subtil.
Le soleil se couche. Vous vous enfoncez dans un confortable fauteuil du patio bleu. Levant les yeux, vous voyez le ciel apparaître à mesure que la verrière se découvre. Un rectangle bleu ciel bordé d’un cadre brun ocre se dessine. Un tableau abstrait qui est à
lui seul un chef-d’œuvre pictural…

Dar Al Andalous
14, Derb Bennani, Douh, Quartier Batha Fès Médina
Tél. : 00 212 (0) 55 74 07 00 et 74 10 82
Fax : 00 212 (0) 55 74 07 12
dar.alandalous@menara.ma www.daralandalous.com
Suite : de 2 000 à 2 200 Dh Chambre : 1 500 Dh

 

 

 

 




Riad Kniza
Le petit trésor


S’il est doux de voyager, il est pénible de plonger dans un univers dont les repères nous échappent… Au Riad Kniza, point d’état d’âme : on s’y sent bien et l’on regrette la maxime selon laquelle « Toutes les bonnes choses ont une fin ». Ici, l’appellation « maison d’hôtes » ne se résume pas à une banale figure de style.
À deux pas de la porte Bab Doukkala, celle-là même par laquelle pénétraient jadis les caravanes venant du Sud et du pays doukkala, à cinq minutes de la rue Mouassine et de Dar El Bacha, le Riad Kniza est avant tout une histoire de passion familiale. Il y a trois ans, lorsqu’ils acquièrent ce riad du XVIIIe siècle, Najat – antiquaire connue – et Mohamed Bouskri – célèbre guide des têtes couronnées, des chefs d’État et du gotha depuis trente-quatre ans – entament des travaux de restauration qui dureront… deux ans et demi. S’inspirant de la médersa Ben Youssef, ils diligentent les meilleurs artisans de la ville au chevet de leur « kniza » (petit trésor, en arabe) tout en veillant à préserver son authenticité. Le résultat est à la hauteur de leur ambition : trois chambres, trois suites et un duplex alliant tradition et confort moderne (climatisation, coffre-fort, télévision par satellite…).
Kamal, le fils, accueille les hôtes avec la courtoisie et l’aisance de ceux qui s’y entendent en relations humaines. La magie du lieu fait le reste.
Rencontre des trois éléments – le ciel, la terre et l’eau –, fontaine centrale, coussins brodés au point de Fès, tentures chargées du fameux passé plat de Rabat, portes et plafonds de cèdre sculpté, murs habillés de tadellakt ivoire, corniches de stuc ouvragé… les arts décoratifs marocains sont dignement représentés. Mais la magie du Riad Kniza, c’est aussi et surtout la chambre Orientale où l’on s’attend à surprendre une odalisque de Delacroix, le duplex avec son secrétaire en fine marqueterie niché dans un recoin discret où l’on rêve de coucher ses souvenirs de voyage sur un épais vélin. Ce sont les subtils effluves du véritable bois de santal qu’un encensoir invisible répand inlassablement, les gravures et les dessins de voyage au Maroc de la fin des XVIIIe et XIXe siècles, les pastels d’Edy-Legrand, « Le Maroc et l’artisanat traditionnel islamique dans l’architecture » d’André Paccard négligemment ouvert sur une table de bois polychrome, la collection privée de poteries marocaines des XVIIe et XVIIIe siècles généreusement offerte au regard des hôtes, la ceinture de brocart chatoyant d’une mariée dont le riad aurait autrefois célébré les noces… En somme, ces touches personnelles qui confèrent au Riad Kniza sa « couleur » hors du commun.
L’âme des lieux, c’est aussi Salha et sa fille dont les habiles partitions font de la table du Riad Kniza l’une des meilleures de Marrakech : le trid est époustouflant et la tanjia « la plus marrakchia qui soit », confie Mohamed Bouskri.
Enfin quand, au petit matin, vous gravissez les marches menant à la terrasse, un baghrir aérien, un msemmen délicatement feuilleté et un batbot joliment soufflé vous invitent à prendre place autour d’une table impeccablement dressée face à l’Atlas. Un frêle moineau s’invite timidement à partager les agapes matinales. Tout compte fait, on restera quelques jours de plus…

Riad Kniza
34, Derb El Guernaoui, Bab Doukkala, Marrakech Médina
Tél. : 00 212 (0) 44 37 69 42 Fax : 00 212 (0) 44 37 83 65
www.riadkniza.com riadkniza@ riadkniza.com
Chambre double : 190 ¤ Suite junior : 260 ¤ Suite senior : 305
¤ Riad entier : 1 700 ¤ (haute saison), 1 360 ¤ (basse saison)
(tarifs incluant transfert aéroport, taxes, petit déjeuner et boissons non alcoolisées)
Déjeuner 25 ¤ et dîner 35 ¤ (vins non compris), Réservation indispensable pour les non-résidents du riad