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Riad Fès

Les plus
Le cadre magnifique du riad
Des entrées inoubliables dont
un divin caviar d’aubergines

Le Riad Fès n’est pas seulement l’un des plus beaux riads de Fès. C’est aussi une de ses meilleures tables. Chakir Sefrioui, son propriétaire, a la voix grave et douce, mais le propos abrupt : pour lui, le véritable gourmet se doit d’employer un vocabulaire précis. « Venir ici et demander un couscous est une absurdité », dit-il. « Quel couscous ? Il en existe au moins une vingtaine de recettes différentes ». Nous voilà prévenus. On ne s’assied pas au Riad Fès comme dans n’importe quel restaurant, mais avec la révérence qu’exige un temple de la cuisine marocaine.
Le cadre, comme il sied à un temple, est parfaitement conforme à la tradition : un patio et ses « jardins », une fontaine et, dans la perspective du bassin en étoile qui recueille l’eau de la vasque, la silhouette d’un joueur de oud dont la mélopée lancinante épouse le murmure de l’eau. Derrière le musicien, un autre bassin, aux vastes dimensions celui-là, fait office de piscine. Ce qui est certes une entorse à l’orthodoxie architecturale arabo-andalouse. Mais avec les températures que connaît Fès en été, qui le regretterait ?

Le bal des entrées commence par un consommé de carottes au jus d’orange, subtil et surprenant mélange de saveurs pulpeuses et légères.

 

 

 

 

Puis viennent les innombrables coupelles de préparations frites, marinées ou mijotées, parmi lesquelles les grands classiques comme la taktouka – un mijoté de poivrons et de tomates – des courgettes revenues à l’huile d’olive, aux herbes et aux épices, le zaalouk – un caviar d’aubergine – simple et aérien, et une subtile salade fine dans laquelle dominent jus de tomate, poivron rouge, cumin, coriandre et que relève un savant dosage d’épices.

Chakir Sefrioui nous avait vanté les mérites de sa pastilla : deux jours de préparation, une pâte – la warkha – malaxée à la main projetée et sur une plaque chaude, une viande rigoureusement sélectionnée. Son croquant, son fondant et la légèreté de son feuilleté lui ont donné raison. Il est rassurant de constater que ce plat royal, de plus en plus souvent mis à la carte de restaurants médiocres, et donc de plus en plus souvent maltraité, a trouvé ici l’un de ses conservatoires.
C’est généralement à ce stade que l’on commence à déplorer la trop grande abondance des menus traditionnels marocains, conçus pour des festins destinés à s’étirer sur plusieurs heures, et non pour de simples dîners. Mais le poulet fermier m’qalli et sa compote d’aubergines ou bien les côtes d’agneau dorées au four, accompagnées d’une sauce où dominent les saveurs de la tomate et du pruneau et d’une divine julienne de carottes caramélisées à la fleur d’oranger, à la cannelle et au miel, réveilleraient à coup sûr le plus moribond des appétits. Et finalement il ne sera nul besoin de se forcer pour apprécier jusqu’à la dernière cuillerée une crème aux pêches d’une exquise subtilité.

Menu Baraka - entrée, plat, dessert, thé ou café, eau : 420 Dh (260 Dh pour les résidents de l’hôtel)
Menu Dakhama - idem avec deux plats : 500 Dh (380 Dh pour les résidents de l’hôtel)
Riad Fès
5, Derb Ben Sliman, Zerbtana, Fès Médina
Tél. : 00 212 (0)
55 74 10 12
et 74 12 06
Fax : 00 212 (0) 55 74 11 43
www.riadfes.com
riad.fes@ iam.net.ma




Les plus
La sérénité et l'intimité du lieu
La sollicitude
du chef
Une carte en perpétuel mouvement à suivre au fil
des saisons...

le jardin des Arts

Comment, en six mois à peine, faire d'une honnête table de quartier ce que l'on a coutume d'appeler une adresse ? Prenez un Franc-comtois d'origine, descendant d'une lignée tricentenaire d'ambassadeurs des métiers de bouche, pâtissier de formation, amateur de beaux flacons, formé à l’école de Joël Robuchon et de Gérard Boyer, avec lequel il fonde en 1989 le renommé « Petit Comptoir » à Reims ; ajoutez-y une curiosité inlassable pour les saveurs et les senteurs nouvelles, et vous obtenez le portrait du magicien, Fabrice Maillot.
Chez lui, la mise en scène et le décor sont nets, efficaces, avec un contraste réussi entre le côté jardin, d’une luxuriance maîtrisée, offrant à chaque table une intimité naturelle, et le côté salle à manger, épuré et linéaire. La lumière presque végétale distillée par les photophores extérieurs s’oppose à la froideur du bleu Majorelle choisi pour l’intérieur. Tout vibre de bonnes ondes, autant grâce à la sérénité des lieux qu’à la discrétion prévenante du service.
Si le chef est à l'image du lieu, élégant sans affèterie, sa cuisine l'est tout autant, juste, précise, quasi cérébrale et pourtant gourmande.
Avec l'assurance tranquille de ceux qui savent ce qu'ils font, Fabrice Maillot saura dessiner l'architecture de votre repas, vous guider dans le toujours délicat accord des mets et des vins.
Peut-être même vous dévoilera-t-il le secret de sa « soupe de poisson et royale de foie de volaille à l'huile d'argan surmontée de sa glace au safran », un chaud et froid sucré-salé d'école, ou racontera-t-il ce qui l'a amené à créer son « foie gras brûlé accompagné d’une confiture de tomates », dont la seule appellation semble tellement déroutante. Que vous choisissiez une cuisine française « classique » aux notes méditerranéennes ou que vous tentiez une excursion dans des paysages gourmands typiquement marocains, comme avec le « tajine de jarret d'agneau aux fruits secs et aux épices », vous vous rendriez coupable du crime de lèse-sorbetier en faisant l'impasse sur la netteté du toucher des glaces et sorbets faits maison.
Mais le plus judicieux ne serait-il pas d'aller là où le chef s'exprime le plus spontanément en faisant confiance au « Menu des Arts » composé, en fonction du marché du jour, de sept plats dits « Saveurs » et de deux desserts (350 Dh hors boissons), formule astucieuse qui permet d’apprécier la patte du maître, émois bachiques en sus garantis.
Pour les amateurs, le menu tout homard (550 Dh hors boissons), à la lecture duquel on a envie de se pincer : « capuccino de homard crème montée aux épices et crème glacée aux haricots blancs », « raviole de homard aux morilles », « pomme d'amour de homard aux tomates confites », « homard rôti à l'ananas et au curry aux oignons frits ». À quand un dessert dans le même thème ?
Un mot pour la carte des vins – servis dans de vrais verres à
vin, ce qui est devenu trop rare – bien équilibrée et riche de quelques belles surprises comme cet « El Mogador » rouge
du domaine du Val d'Argan vers lequel vous pouvez aller en toute confiance.
Dédié aux esthètes curieux, aux amateurs avisés et à ceux qui souhaitent être initiés à la grande cuisine, Le Jardin des Arts est une table où l'on prend son temps sans jamais attendre, où l'on sert une cuisine qui semble rendre plus intelligent.
Un reproche ? Il faut bien en trouver un… C’est pour nous la musique trop forte qui a couvert pendant le dîner le chant exquis de la fontaine.

Le Jardin des Arts 6/7, rue Sakia El Hamra, Semlalia, Marrakech
Tél. : 00 212 (0) 44 44 66 34
Ouvert le soir uniquement (7j/7)
Service assuré jusqu'à minuit
Réservation conseillée
côté jardin
Accès facile - Parking gardé
À la carte, comptez environ 90 Dh pour l'entrée, de 115
à 210 Dh pour le plat, 75 Dh pour le dessert.
Menus : 250, 350 et 550 Dh (hors boissons)