Retour
à la page d’accueil
|
| Saveurs |


 |
Au
Maroc, vous verrez souvent sur les marchés de grands
paniers d’osier qui débordent de bouquets
de menthe…
et l’on ne manquera pas de vous offrir, en signe
de bienvenue, un verre de thé que parfument délicatement
les arômes de l’une des plantes les plus universellement
utilisées, tant en cuisine qu’en pharmacologie.
La menthe, fraîche comme l’haleine
d’un ange
Texte Adam El Kohen
Photos Cécile Tréal & Jean-Michel
Ruiz
armi les innombrables familles
d’herbes aromatiques qui croissent dans les pays
du pourtour méditerranéen, notamment au
Maroc - le thym, la sarriette, le romarin, l’origan,
le serpolet, le basilic, la sauge, la lavande, la marjolaine…
- la menthe tient une place à part, tant son
usage s’est répandu. On dénombre
dans le monde plus de trois mille cinq cents espèces
de cette plante de la famille des labiées qui
fournit une essence, le menthol, largement utilisée
par les industries alimentaires et pharmaceutiques.
Nombre de ces espèces sont butinées par
les abeilles qui donnent des miels au goût reconnaissable.
Au XIIe siècle avant J.-C., les Égyptiens
en cultivaient déjà. Les Grecs anciens
avaient pour usage d’en cueillir des feuilles
au passage : percevoir son parfum prouvait qu’ils
étaient bien vivants, ne rien sentir signifiait
impuissance et mort… Croisées entre elles,
les diverses espèces de menthe donnent naissance
à une infinité de variétés.
Au Maroc, chaque région possède sa propre
menthe, suivant la qualité du sol et les variations
du climat. Qu’elle soit sauvage ou cultivée,
ses vertus sont exceptionnelles : stimulante, elle aide
à la digestion, combat le cholestérol
et les spasmes nerveux… et serait même aphrodisiaque.
L’espèce la plus répandue est la
menthe verte, ou « naânaâ ».
Également très appréciée
en infusion, la menthe dite ronde - ou encore aquatique
car elle pousse sur les bords des oueds - est communément
nommée « timijja ». Dans l’Est
et dans le Gharb, elle sert de base à la confection
de pains et de galettes.
La menthe Pouliot, appelée au Maroc « feliyia
» (à ne pas confondre avec le fliyû),
bien connue des anciens, a une essence de composition
particulière et facilite l’action de la
bile. Elle traite la toux, les inflammations des bronches
et la coqueluche. Il existe des « crus »
de menthe : |
|
|
les
plus recherchées sont celles de Meknès, du Zerhoun,
aux tiges foncées, ainsi que la menthe au parfum très
fort des zones désertiques. Souvent, elles sont assemblées
en un bouquet, dit « tralt », dans lequel on retrouve
aussi bien de la sauge, nommée ici « salmia »,
aux vertus médicinales vantées depuis l’Antiquité
romaine, que de l’absinthe ou « chiba », ou
encore de l’armoise…
Les gastronomes retrouveront souvent la menthe dans la cuisine
marocaine, par exemple sous forme de salade, hachée avec
des tomates. La variété « feliyia »
entre dans la composition de certaines hariras, soupe consommée
particulièrement pendant le ramadan lors de la rupture
du jeûne. Ses feuilles sont mises également, avec
un peu de thym, dans le « tadeffi », un bouillon
reconstituant que l’on sert à la femme qui vient
d’accoucher. De la menthe encore, hachée toujours,
dans la préparation des « keftas » - boulettes
de viande - et dans le bouillon de cuisson des escargots. Dans
les desserts, on la retrouve finement découpée
en lamelles pour les salades de fruits, avec des tranches d’orange
saupoudrées de cannelle, ou encore en feuilles entières
sur des sorbets. Enfin, séché, en poudre, le «
feliyia » peut faire partie des nombreuses herbes et épices
qui entrent dans la composition du fameux mélange «
ras-el-hanout », littéralement la « tête
de la boutique », composition qui varie selon chaque épicier
et même chaque maîtresse de maison. Le « ras-el-hanout
» est utilisé chaque jour dans les tagines et de
nombreux plats.
Le thé à la menthe, partout offert en signe d’hospitalité
et d’accueil, est une boisson si répandue au Maroc
qu’on pourrait la croire très ancienne… Il
n’en est rien. En effet,
si dès la période antéislamique les Berbères
buvaient déjà
des infusions de plantes, et donc de menthe, l’introduction
du thé ne date que du XIXe siècle. En 1854, les
marchands anglais n’ayant plus accès aux pays slaves
en raison du
blocus de la mer Baltique se tournèrent vers les comptoirs
de Tanger et de Mogador pour y écouler leur thé.
Mélangé aux infusions traditionnelles, le thé
vert de
Chine connut un vif succès, qui ne s’est pas démenti
jusqu’à nos jours… |
 |
Soupe
de fraises à la menthe poivrée Pour
4 personnes
600 g de fraises
2 citrons verts
50 g de menthe poivrée
50 g de sucre
Sucre glace
Mixez 400 g de fraises avec le sucre et le jus
des citrons. Coupez le reste des fraises en morceaux
dans le sens de la longueur. Réservez au frais.
Au moment de servir, versez les fraises mixées
dans une coupe, ajoutez les morceaux de
fraises et la menthe poivrée finement ciselée,
puis saupoudrez de sucre glace. Dégustez aussitôt.
Cette recette a été aimablement communiquée
à
Couleurs Marrakech par Abel, chef de cuisine du restaurant
« Le Jade » à Marrakech.
À savoir :
quelques gouttes d’huile essentielle de menthe
poivrée déposées le soir sur votre
taie d’oreiller sont réputées soulager
les migraines les plus tenaces. |
|
|