Hôtel les Jardins
de la Médina
Marrakech, quartier de la Kasbah. Là-haut, tout là-haut,
les palmes ondulent doucement, tandis qu’à
nos pieds le sol se couvre des fleurs mauves du jacaranda.
Le parc des « Jardins de la Médina »
invite à la flânerie et à la nonchalance,
dans un cadre traditionnel réinterprété
avec succès, où s’allient rêve
et réalité.
Si les Jardins
de la Médina m’étaient contés…
Ce fut autrefois une grande demeure.... Un véritable
palais dans un jardin féerique, en plein quartier
de la Kasbah, comme un rêve orientaliste…Un
riad comme il en existe peu... Comment André Bos
et Michel Sautereau n’auraient-ils pas eu le coup
de foudre ? Les bâtiments étaient somptueux,
du moins par leur taille et leur majesté. Et le jardin
! Palmiers immenses saluant le soleil, jacarandas à
l’ombrage démesuré, orangers, daturas…
C’est décidé, ils en feront…
ils en feront quoi, en fait ? Un hôtel de charme,
un palais d’hôtes?
Valse-hésitation à la recherche
du terme adéquat : il n’existe pas… Au
fond peu importe, car plus grande sera pour leurs clients
la joie de la découverte… Mais il leur fallait
jongler avec cette beauté évocatrice du passé
et les exigences d’un hébergement touristique.
Les nouveaux propriétaires tentent l’aventure.
Une seule année de travaux d’agrandissement
et de restauration, sous l’égide de l’architecte
Karim El Hachak, et les talents conjugués d’une
équipe de spécialistes dont le nombre atteignit
certains jours la centaine suffit à redonner au riad
son allure de jadis.
L’espace a tout d’abord été restructuré.
Sur l’immense terrain assez peu construit un grand
corps de bâtiment a été élevé,
mais le danger - celui de ne pas respecter l’âme
des lieux - a été intelligemment évité.
L’entrée, sobrement décorée dans
les beiges, donne immédiatement le ton : meubles
foncés, riches étoffes, quelques belles pièces
dont, sous une coupole, un lustre insensé aux allures
de bois flottés, décor et peintures dans les
ocres et orangés, évoquant l’Égypte
ancienne pour les uns, des signes berbères pour les
autres : à chacun ses références. Un
couloir en dénivelé, dallé de brun,
mène au parc. Le regard s’élève
vers le ciel si bleu, court entre les masses de verdure
et les taches de couleurs, mauve, orange, blanc, crème
; des oiseaux par centaine, par milliers, se gazouillent
de doux riens. Dans les allées qui sinuent à
l’ombre des feuillages, les appels au farniente se
multiplient : hamacs par ici, fauteuils par là, à
moins que l’on ne préfère s’alanguir
sur cette banquette recouverte de cotonnade jaune et cannelle.
Les coins intimes se succèdent, dissimulés
dans la verdure. C’est délicieusement néo-british,
un cadre à la Ivory, où les ladies prendraient
le thé dans de fines porcelaines, leur peau de lait
protégée par une immense capeline. Plus proche
des nécessités du siècle, la piscine
- transats et parasols blancs, sols beige et marron, couleur
terre - occupe un généreux espace.
Tout autour, les bâtiments s’étendent
sur deux niveaux. Une partie ancienne a été
rénovée, une autre entièrement créée.
Toutes deux abritent les chambres et les suites. Aux extrémités,
deux corps de logis ont été restaurés
et transformés. Le premier, à l’entrée,
est devenu bar, salon et salle de restaurant. Le plafond
d’époque en cèdre sculpté et
à caissons est superbe, d’une simplicité
exquise et majestueuse. Les murs blancs ou crème
n’ont besoin d’aucune fioriture, ils se suffisent
à eux-mêmes. Nous sommes loin des endroits
qui dégoulinent de plâtres sculptés
afin de travestir leur origine insignifiante : ici, il n’est
pas besoin de revendiquer. Une absence de superflu qui est
d’ailleurs la philosophie générale du
lieu. Les murs sont partout d’un beige couleur de
terre, savant amalgame de ciment teinté dans la masse
et de paille. Oubliés, le rose bonbon ou le fuchsia
dont certains se croient obligés de maquiller leurs
murs…
Le second est à l’opposé, au fond du
jardin. Il abrite un salon de lecture pour tout découvrir
du Maroc : son histoire, sa culture, ses traditions,
son architecture…
Chambres et suites - toutes vastes et possédant un
coin salon, une terrasse ou un solarium privé avec
douche - sont sobrement décorées, avec leurs
murs et tentures blancs. Des haïks forment portières
et séparations, et les sols sont tous différents,
ciment teinté ocre, dess traditionnel, couleur chaux
naturelle, briquettes de terre cuite, zellige ou bejmat,
c’est selon. Jetés de lits en sabra chatoyante
et colorée, salles de bains aux murs couverts de
tadellakt beige, vert olive, brun, mauve, violet…
Dans l’espace dédié au fitness œuvrent
des spécialistes de la coiffure, des gommages et
de la remise en forme, et l’on peut se faire masser
devant une baie vitrée grande ouverte sur l’extérieur.
Sur une autre terrasse ombragée, rameur, vélo
et autres appareils de musculation attendent les adeptes.
Car inévitablement vous succomberez aux folies culinaires
de Hicham, l’un des meilleurs chefs de Marrakech,
si ce n’est du Maroc.
Et lorsque, le soir venu, les lanternes s’illuminent,
les arbres du parc baignent dans une féerie de lumières.
Les oiseaux se sont tus. Alors naît une magie nouvelle,
un sentiment de plénitude où l’on aimerait
tant que le temps suspende son vol…
L’eau, la verdure
et l’espace,
un luxe princier,
en médina…