Murs,
murmures…
les remparts de Marrakech
Dix-neuf kilomètres de circonférence, deux
cents tours, quinze portes dont neuf monumentales, et presque
un millénaire d’existence… Les remparts
de Marrakech ne constituent pas seulement le plus formidable
ensemble défensif du Maroc, ils sont aussi la mémoire
de la Ville Rouge, et sa plus belle parure. La couronne
d’une reine…
On ne connaît pas la date exacte de la construction
des remparts de Marrakech. À en croire les chroniqueurs,
elle aurait été postérieure de plusieurs
décennies à la fondation de la ville elle-même,
c’est-à-dire autour de 1070 après J.-C.
Seule certitude : elle fut ordonnée, entre 1120 et
1135, par le souverain almoravide Ali Ben Youssef, conseillé
par le Cadi en chef de Cordoue Abou Al-Walid Ibn Rochd,
grand-père d’Averroès, l’illustre
commentateur d’Aristote. La menace que représentaient
les tribus du Haut-Atlas, soulevées par la dynastie
naissante des Almohades, est probablement à l’origine
de cette décision. On sait que les Almoravides étaient
d’origine saharienne et, qu’après avoir
fondé le premier empire de l’Occident musulman,
ils durent très tôt faire face à l’hostilité
des populations autochtones, pour lesquelles la plaine de
Marrakech était un espace vital de la plus haute
importance. L’effort financier nécessité
par cette entreprise gigantesque ne pouvait, semble-t-il,
être supporté par le seul trésor public.
Il fallut donc faire appel à des “ fonds privés
” qui furent notamment levés par Sidi Abdellah
Amghar, chérif de la zaouïa de Tit, près
d’El Jadida. Aussi puissante soit-elle pour l’époque,
l’enceinte ne protégea les Almoravides qu’un
peu plus de deux décennies, puisque Marrakech tombera
entre les mains des Almohades en 1146-1147. Ceux-ci utiliseront
évidemment à leur profit l’ouvrage réalisé
par leurs prédécesseurs, tout en l’améliorant,
en le renforçant et en lui ajoutant une fonction
décorative...
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