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Editorial N° 4

Editorial N° 4 

Le syndrome de Stendhal


par
René Gast
René Gast

Il y a vertige, vertige… et vertige. Celui par exemple, d’ordre purement intellectuel et esthétique, que ressentit Stendhal en découvrant les splendeurs
de Florence, et qui le mena jusqu’à l'évanouissement. Celui encore, sensuel et exaltant, que l’on éprouve quand on plonge dans les ruelles inconnues d’une médina, et quand d’impasses en venelles, on finit par se croire à jamais perdu. Celui enfin, le plus physique et le plus brutal, qui vous fait flageoler les jambes au bord d’un précipice ou vous tord d’angoisse au moment du premier saut en parachute.

Le Maroc est le pays de tous les vertiges. Qui n'a jamais cru éprouver les signes avant-coureurs du syndrome de Stendhal en contemplant un coucher de soleil sur les toits de Meknès ou l'assaut des vagues sur les bastions crénelés des îles Purpuraires ? Qui n’a jamais été pris de cette sorte d’ivresse légère que fait monter à la tête la bousculade joyeuse des souks, leur tourbillon de bruits, de couleurs et d’odeurs ? Et qui, voyant d’une terrasse de Marrakech scintiller les pentes neigeuses de l’Atlas, n’a rêvé de les escalader, de les dévaler à ski ou de les survoler en montgolfière ?
Des prisons souterraines de Moulay Ismaïl aux paysages inviolés de l'archipel de la pourpre, des coulisses des souks aux parois d'escalade des gorges du Todra, bref de découvertes insolites en poussées d'adrénaline, c'est à connaître les mille et un vertiges du Maroc que vous invite aujourd'hui « Couleurs Marrakech».