Editorial N° 4
Il y a vertige,
vertige… et vertige. Celui par exemple, d’ordre
purement intellectuel et esthétique, que ressentit
Stendhal en découvrant les splendeurs
de Florence, et qui le mena jusqu’à l'évanouissement.
Celui encore, sensuel et exaltant, que l’on éprouve
quand on plonge dans les ruelles inconnues d’une médina,
et quand d’impasses en venelles, on finit par se croire
à jamais perdu. Celui enfin, le plus physique et
le plus brutal, qui vous fait flageoler les jambes au bord
d’un précipice ou vous tord d’angoisse
au moment du premier saut en parachute.
Le Maroc est le pays de tous les vertiges. Qui n'a jamais
cru éprouver les signes avant-coureurs du syndrome
de Stendhal en contemplant un coucher de soleil sur les
toits de Meknès ou l'assaut des vagues sur les bastions
crénelés des îles Purpuraires ? Qui
n’a jamais été pris de cette sorte d’ivresse
légère que fait monter à la tête
la bousculade joyeuse des souks, leur tourbillon de bruits,
de couleurs et d’odeurs ? Et qui, voyant d’une
terrasse de Marrakech scintiller les pentes neigeuses de
l’Atlas, n’a rêvé de les escalader,
de les dévaler à ski ou de les survoler en
montgolfière ?
Des prisons souterraines de Moulay Ismaïl aux paysages
inviolés de l'archipel de la pourpre, des coulisses
des souks aux parois d'escalade des gorges du Todra, bref
de découvertes insolites en poussées d'adrénaline,
c'est à connaître les mille et un vertiges
du Maroc que vous invite aujourd'hui « Couleurs Marrakech».