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| Mille
et une nuits |

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Villa
Dar Souihla Au Pays des clochettes
IL faut croire que lorsque Shéhérazade raconta
au sultan les Mille et Une histoires qui, nuit après
nuit, lui sauvèrent la vie, elle lui révéla
aussi le secret qui permet de retourner en enfance. Il est
simple, ce secret. Pourtant, c’est peut-être
sa simplicité qui le rend si difficile d’accès…
À Dar Souihla, les enfants sont les maîtres
du monde, et les parents leur laissent - et trouvent eux-mêmes
- une entière liberté. L’endroit, à
dix kilomètres exactement de la Koutoubia, est une
sorte d’oasis d’arbres fruitiers, de citronniers,
d’orangers et de palmiers dattiers. Les allées
sont parées de rosiers, les murs sont couverts de
plantes grimpantes - bougainvillées et trompettes
corail - et les seules pollutions sonores sont celles de
l’eau qui bruisse et du bavardage des oiseaux qui
se parlent de branche en branche. La chèvre Gamine
ort le soir de la villa qu’elle partage avec une amie
brebis pour faire un tour dans le jardin et jouer, lorsqu’elle
est d’humeur, avec les chérubins qui la font
tourner en bourrique. La chatte Pouille a élu domicile
dans un panier de pétales de roses et miaule quand
la chaleur l’incommode. La chienne D’jean, aux
allures d’esquisse balthusienne, suit comme une ombre
sa patronne. Ce paradis tranquille qu’on partage avec
les animaux escamote ses refuges, dissimule ses retraites,
dérobe ses antres. Une pergola devant la piscine
voile de lianes et de tissus diaphanes quelques fauteuils
et une table, sous un olivier un jeu de dames est prêt
pour un tournoi, une tente sahraouie garnie de coussins
attend sagement son heure, celle de la sieste. Quant à
la terrasse du petit déjeuner, elle se prête
également aux thés d’aprèsmidi
et aux collations au débotté.Dans les villas,
les couleurs terre et ocre apaisent la lumière intense
d’un soleil qui semble ne jamais vouloir céder.
Dans le jardin, le jour est vert comme dans un aquarium,
filtré par les feuilles des arbres et les palmes
des bananiers. Une partie du jardin est réservée
à la cuisine ; dans trois fours de terre en plein
air, les femmes cuisent devant vous des pains merveilleux,
parfumés, et le matin, font des crêpes - baghrir
et rghaif - à se damner. On peut aussi, moyennant
une centaine de dirhams, dîner par exemple d’admirables
salades marocaines suivies, pourquoi pas ? d’une tanjia
- une viande cuite dans le four du
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hammam
- et de fruits du jardin. Le dernier mot est pour le couple
qui a créé Dar Souihla, Christine et Jean-Claude
Brunier, qui après avoir cherché et trouvé
un bonheur doux, ont ouvert leurs portes pour le faire partager…
Les plus
Avis aux parents : inutile de vous
le rappeler, il est souvent délicat de passer de bonnes
vacances tous ensemble ; une visite de trop au musée
et c’est la bouderie assurée de vos chers bambins.
À Dar Souilha, les enfants peuvent rester entre eux
en toute sécurité pendant que vous allez tranquillement
choisir vos tapis dans le souk. Quant aux personnes à
mobilité réduite, qu’elles sachent que
tout ici a été pensé et aménagé
pour eux. Ce qui est assez rare pour qu’on le souligne...
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Sublime
ailleurs L’esprit des lieux…
Quand un jour M a r i e - C l a u d e Azouzi, parlant avec
un ami marocain, tomba par hasard sur la juxtaposition des
deux mots « sublime » et « ailleurs »,
elle sut d’emblée qu’ils étaient
justes. On lui dit que c’était étrange,
on décréta que c’était prétentieux.
Mais il y a des moments où l’on se dit qu’on
a raison. Et « Sublime Ailleurs » demeura, qui
colle parfaitement à l’esprit des lieux. Tout
près de Marrakech, à environ une vingtaine de
kilomètres, pourtant en plein milieu de nulle part
- une vague route, des palmiers et encore des palmiers, quelque
belle maison cachée par des hauts murs, des troupeaux
de chèvres - deux villas et un riad ont vu le jour.Des
deux villas, l’une est ronde et féminine, l’autre
plus rigide, plus masculine. Partout, les bougainvillées
grimpent et retombent en grappes aux couleurs de bonbons acidulés.
Chaque villa a sa piscine, son jardin, ses terrasses, ses
cachettes pour amoureux dans l’ombre mouvante des palmiers
et des faux poivriers. Dans la villa Jomane, la lumière
est ardente, reflétée par les murs aux tons
soyeux. Au milieu de la grande pièce, une table pour
une dizaine de convives se niche dans une sorte d'hémicycle
creusé dans le sol. D’un côté s’ouvre
la chambre rouge, de l’autre la chambre bleue. Chacune
a sa terrasse, son petit salon, sa salle de bain avec un double
lavabo, une vaste baignoire et une douche. Les détails
sont aussi luxueux que - mais oui, c’est possible -
parfaitement simples. Disons qu’ici le luxe ne rutile
pas, mais brille doucement. Voici une journée comme
on les aime : réveil après une nuit où
le sommeil est dense comme un édredon, bercé
des silences et des chuchotis de la palmeraie. Le soleil filtre,
chargé de dansantes particules dorées. Le temps
de s’étirer et le petit déjeuner est servi
sur la terrasse, à l’ombre du palmier et des
fleurs grimpantes. Premier plongeon dans la piscine. Farniente,
lecture, thé et sieste dans le grand lit blanc en bois
au fond du jardin, sous un ôme qui atténue la
lumière. Encore quelques plongeons, un cours de yoga
ou un massage, une manucure ou un soin du isage, puis un verre
de vin et une olive autour de la cheminée, car comme
aimait à le dire le Maréchal Lyautey, «
le Maroc st un pays froid où le soleil est chaud »,
et lorsque le crépuscule est là, la brise se
fait fraîche. On peut aussi dîner autour de la
cheminée en plein air, en écoutant les bruissements
qui, tout autour, rappellent irrésistiblement le silence
sonore du désert. Pour s’endormir, on peut sélectionner
un DVD, ou juste laisser un Nocturne de Chopin imprégner
les ombres de la nuit…
Les plus
On peut, assisté d’un coach, pratiquer l’aquagym
ou la sophrologie, voire faire une diète à base
de produits Kot. On est aussi allégé de tout
souci : confirmer un vol, appeler un taxi pour aller en ville
ou trouver une limousine à la porte de la villa.
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