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El
Majal, quand la Palmeraie redevient oasis
Nichés au plus profond de la palmeraie,
les jardins d’El Majal ont été conçus
par Jean-Charles Mazet selon un modèle original. Sur
douze hectares, dix-huit jardins privatifs se fondent dans
le paysage. Les parcelles, de six mille mètres carrés
chacune, ont toutes des formes singulières, délimitées
par des haies, des arbres, des portes en bois anciennes ou
des murets en terre : le regard porte loin sur cet immense
jardin que, de l'extérieur, rien ne laisse deviner.
Des centaines d’oliviers, de palmiers et d’arbres
fruitiers y ont été plantés, avec le
double souci d’aménager des jardins nourriciers
et de concourir à préserver la palmeraie de
la sécheresse.
Les revêtements de terre, identiques
d’une villa à une autre, contrastent harmonieusement
avec le vert profond des cultures qui s’épanouissent
à l’ombre des palmiers. Les allées serpentines
qui mènent aux villas sont bordées de lauriers,
de haies de plumbago ou de bougainvilliers blancs. Les piscines
ont la couleur des lagons,
avec des abords carrelés de bejmat. Les éclairages
nocturnes, tous différents d’un jardin à
un autre, donnent encore plus de majesté aux frondaisons
qui ont fait de la Palmeraie de Marrakech l'une des plus célèbres
du monde… CV |
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La
Mamounia, Les jardins du prince
Située entre la Médina et
la ville nouvelle de Marrakech, la Mamounia tient son nom
de ses jardins, vieux de deux siècles, qui s'appelaient
jadis « Arsat El Mamoun », et furent offerts par
son père en cadeau de mariage au prince Moulay Mamoun,
quatrième fils du Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah
qui régna sur le Maroc au XVIIIe siècle. Il
y fit construire un petit pavillon aux harmonieuses proportions
où, selon la petite histoire, il donna de mémorables
soirées.
Cent cinquante ans plus tard, le palace, ouvert depuis 1923,
reflète toujours la magie d'un luxe jamais pris en
défaut. En témoignent les couleurs et parfums
de son vaste parc. L’essentiel de ses sept hectares
est occupé par une pelouse garnie d’orangers
de tous âges, de pins tentaculaires et de palmiers.
Des oliviers centenaires forment une voûte ombragée
sur l’allée centrale qui mène au pavillon,
aujourd’hui tombe d’un saint.
D’imposants remparts ocre-rouge mettent depuis neuf
siècles Arsat al Mamounia à l'abri des regards.
Bien qu’aveugles et élevés - jusqu’à
six mètres - ils ne donnent au promeneur aucune sensation
de claustration. Brève halte de voluptueuse solitude
sur un banc… À peine perceptible, la rafraîchissante
rumeur de l’eau que déverse une fontaine mélancolique
; au loin, l’écran bleuissant des sommets enneigés
de l’Atlas… Seul le chant des oiseaux et l’appel
du muezzin viennent troubler la quiétude de ce lieu
qu'ont arpenté tant d'illustres personnages : Roosevelt,
Churchill (qui fut un fidèle client), le général
de Gaulle, Edith Piaf, Colette, Paul Valéry...
Quotidiennement, dès l’aube, trente-quatre jardiniers
rendent avec talent et amour cet écrin végétal
toujours plus luxuriant. Ils renouvellent chaque année
près de cent quarante mille plantes, rosiers, pétunias
et arbres fruitiers. SA-A |
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Dar
Ayniwen, un jardin de géomètre
Fidèle à la tradition arabe, Dar Ayniwen, la «
maison des palmiers » en berbère, vit paisible
et cachée au cœur de la palmeraie. Sa porte d’entrée,
impressionnante de majesté, ouvre sur un parc de deux
hectares que son créateur, Jacques Abtan, a voulu «
abondant et verdoyant, en opposition avec l’extérieur
».
Aménagé, il y a vingt-cinq ans, sur un terrain
presque nu - seuls quelques palmiers y végétaient
- ce jardin enchante par sa
subtilité : cactées épurées, bigaradiers
enivrants, figuiers généreux, caroubiers séculaires,
oliviers ressuscités, palmiers interminables et fiers,
jacarandas exubérants, bambous en bosquet… Une
surabondance de formes et de couleurs qui s'organise cependant
selon les lois rigoureuses de la perspective : trois vasques
de marbre clair, à l'extérieur puis à l'intérieur,
la piscine, ensuite un washingtonia, et enfin un bassin andalou
se succèdent comme les perles d’un collier.
Au loin, un kiosque au dôme de mamouni (bois tressé)
baigné de lumière clôt l’horizon.
Depuis la tonnelle, le regard est dirigé vers la façade
sud de la maison, envahie par un somptueux bougainvillier qui,
comme un voile rose suspendu entre terre et ciel, frémit
aux vents du Sahara… SA-A
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Une
école se met au vert
C’est l’histoire d’un petit jardin qui se
mourait, mais qui est revenu à la vie grâce aux
efforts de passionnés rêvant de rapprocher les
hommes et leur milieu.
1999 : dans le cadre d’un programme de sensibilisation
à l’alimentation saine, l’association Maghrébio
découvre Ibn Abi Soufra, une école primaire de
la médina de Marrakech, son petit lopin de 4 800 m2 -
inexploité - son réfectoire - sous-équipé
- et ses deux cent vingt-sept gamins - défavorisés.
L’idée jaillit : le lopin abandonné deviendra
verger et potager, il alimentera la cantine et sera le cadre
d’une pratique sur le terrain du programme pédagogique.
L’année suivante, le Ministère de l’Enseignement
répond favorablement à la proposition de Maghrébio
et un partenariat est signé. Global Diversity Fondation,
organisme canadien qui travaille à l’aménagement
des jardins de Marrakech, met à disposition une partie
des fonds. Après neuf mois de travaux, Jasmine naît
officiellement le 15 novembre 2002. Jasmine, comme Jardin Scolaire,
Milieu, Imprégnation Nutritionnelle et Éducative.
L’objectif de ce projet pilote est de permettre aux élèves
de découvrir le travail de la terre sans recourir aux
engrais chimiques. Les apprentis jardiniers se retrouvent ainsi
chaque semaine pour un cours en plein air, les produits récoltés
permettant d'enrichir les menus de la cantine. Par l’intermédiaire
des enfants, les responsables pédagogiques entendent
sensibiliser les familles à l’agriculture biologique
et aux dangers de l’utilisation des produits chimiques
sur les plantes, le sol et l’eau. L’inauguration
du projet a eu lieu sous des trombes d’eau, un cadeau
du ciel pour le verger, ses soixante oliviers, ses trente orangers,
ses huit palmiers, ses six figuiers… Trois semaines plus
tard, c’était le premier repas bio pour les quarante
jeunes " clients " de la cantine.
Pour les initiateurs de Jasmine, les prochaines étapes
seront la mise en place d’une équipe relais - instituteurs,
parents d’élèves, cuisinière, jardinier
- en mesure d’assurer l’autogestion du jardin, puis
l’élargissement de l’expérience
à d’autres établissements scolaires… |
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Marrakech,
“ jardin du Maroc ”
Rappelez-vous Marrakech, il y a encore moins de dix ans...
Les terrains vagues autour de la Koutoubia, les plates-bandes
pelées du jardin Elbilk, le no man’s land qui bordait
le pied des remparts… Certes, on l’aimait. Mais
combien on déplorait de la voir si négligée…
Et puis le miracle s’est produit. À l’issue
d’une cure de jeunesse énergiquement menée,
la Ville Rose est aujourd’hui pimpante, aérée,
fleurie. Méconnaissable, pour tout dire. " J’ai
voulu faire de Marrakech le jardin du Maroc ", dit Omar
El Jazouli, Président de la Communauté urbaine
de Marrakech. " Avec l’artisanat, le tourisme est
la principale ressource de la ville. Il fallait donc d’une
part assurer la sécurité des visiteurs –
ce qui a été fait avec la mise en service d’une
très efficace police touristique – et d’autre
part créer un environnement favorable en ravalant les
façades, en carrelant et en pavant les places et les
rues, en restaurant les monuments et en aménageant des
jardins. Rien de tout cela n’aurait pu se faire,
surtout si rapidement, sans une sensibilisation préalable
de la population, et une étroite collaboration avec l’Administration
".
Le résultat est là, spectaculaire. Des milliers
d’arbres, des dizaines de milliers de fleurs ont été
plantés, transformant les avenues les plus prestigieuses
en larges couloirs de verdure, des parcs naissent là
où n’avait jamais poussé la moindre fleur
tandis que d’autres retrouvent, après des décennies
d’abandon, leur splendeur d’autrefois. Ce sont désormais
plus de trente parcs et jardins qui sont ouverts au public.
Mais l’effort ne
s’arrête pas là : de nouveaux espaces verts
sont en cours d’aménagement, comme le jardin Abdel
Mah, ou encore, grâce à une aide de 20 millions
de dirhams de Maroc Télécom, un parc de 9 hectares
situé en face de l’Hôtel de Ville. "
Les réalisations dont je suis le plus fier ? " Omar
El Jazouli n’hésite pas longtemps : " Indiscutablement
la roseraie Mountazah Lalla Hasna, au pied de la Koutoubia…
Mais aussi le jardin Sidi Ahmed Zaouïa, situé en
pleine médina, en face du complexe culturel et sportif
de Bab Khemis, dans un quartier défavorisé du
nord-est de la ville. J’y ajouterai la création
d’une pépinière de palmiers-dattiers de
15 hectares – il s’agit là d’une première
– qui va nous permettre de planter 30 000 arbres par an,
et de faire revivre ce trésor qu’est la Palmeraie…
"
Il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que le pari
d’Omar El Jazouli est réussi : Marrakech est bel
et bien redevenue " le jardin du Maroc "… R.G. |
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