Retour à la page  d’accueil

Rêve de maison
Horizons Marrakech
Objets de désir
Annonceurs du N°:2

Consultez les anciens numéros
Inscrivez-vous à notre lettre d'information trimestrielle
Entrez votre E-mail ici

 
 
Dossier

L'Agdal

L'Agdal
le plus ancien des jardins arabo-andalous

Le sultan Abd El Moumen et son successeur Youssef Abou Yacoub firent planter au XIIe siècle un immense verger clos au sud de la ville. Surnommé El Bouhayra - "la petite mer" - puis Masarat par les Saadiens, ce parc fut finalement appelé Agdal, terme berbère adopté sous la dynastie alaouite. Ses créateurs de l’époque almohade ont instauré de nouvelles règles dans la conception des jardins. Perspectives, choix d’un terrain incliné dominant la cité, enclos jardinés, style sobre et puissant, l’ordonnancement des quatre cent quarante hectares de l’Agdal rompt avec le modèle oriental.
L’éclatement de l’empire almohade a vu la décadence de Marrakech et de ses espaces verts, devenus dépotoirs de la ville. La renaissance viendra par les riches Saadiens qui, à la fin du XVIe siècle, entreprendront de grands travaux de restauration.
En 1828, le sultan alaouite Moulay Abd Al Rahman en confia la replantation
à des jardiniers tétouanais et jbala. L’œuvre de sauvegarde se poursuivit avec Sidi Mohammed IV qui prit en main le destin des jardins almohades alors dans un état désastreux. En ce sens, le XIXe siècle aura été celui de la reconquête de l’eau et des jardins historiques.
Dès le franchissement de la porte d’entrée, on est saisi par les proportions grandioses du verger : au sud, s’étend l’Agdal Barrani ("l’extérieur") ; au nord, l’Agdal Dakhlani ("l’intérieur") jouxte le palais royal ; entre les deux, le cœur de l’Agdal, parsemé d’une dizaine de parcelles, dites jnan, littéralement "paradis". Chacune est peuplée d’une espèce d’arbres utiles : oliviers (60 %), agrumiers (13 %), grenadiers, pommiers, figuier, abricotiers, pêchers, amandiers… Celle de l’orangeraie est placée près du bassin afin de profiter la première d’une eau rare et convoitée. Les carrés communiquent entre eux et sont séparés par une clôture bordée de jasmins, d’églantiers ou de myrte. Au temps de la récolte, ce sont des centaines de tonnes d’oranges qui sortent du jardin. Quelques mois plus tôt, des milliers de tonnes d’olives avaient pris le même chemin. À l’abri des douze kilomètres de murailles protégeant ces enclos, on cultivait autrefois la vigne, les céréales et des légumineuses comme les pois chiches.
Comme des miroirs tournés vers le ciel, deux très vastes pièces d’eau presque carrées – deux cents mètres de côté - parent le centre du jardin. Ces bassins servaient à l’irrigation, mais ils étaient également le cadre de festivités royaleset d’activités ludiques ou guerrières, comme l’entraînement à la natation pour les soldats de l’armée almohade qui se préparaient à la traversée de la Méditerranée vers l’Andalousie. SA-A

 

 


 
Jannat al Manara ou le paradis impérial

C’est la beauté de son bassin qui a fait la légende du jardin de la Ménara, ancienne propriété des sultans à Marrakech. Moins vaste que l’Agdal d’une dizaine d’hectares, ce parc créé vers 1250 est planté de beaux oliviers, de quelques palmiers et de cyprès.
Lieu de rendez-vous des amoureux, il est superbe au coucher du soleil. Au nord, parmi les oliviers centenaires, on aperçoit un petit pavillon saâdien de la fin du XIXe siècle à la toiture pyramidale verte, le menzeh, qui se reflète dans le bassin entouré d'un chenal alimenté par l'eau de l'Atlas. De sa terrasse supérieure, on peut embrasser le panorama de la ville
et ses jardins.
L’opulence de l’Agdal et de la Ménara est due au miracle de l’eau qui transforme le désert en jardin. Car pour exister, ces vergers royaux devaient disposer de ressources hydrauliques suffisantes. L’une des premières solutions adoptées fut l’exploitation des nappes phréatiques grâce à des galeries drainantes souterraines. C’est ainsi que les premières khettaras furent créées au XIe siècle par les Almoravides. Ce
système avait deux fonctions : d'une part, il irriguait le jardin, et d'autre part, il alimentait la médina en eau potable.
Des techniques plus sophistiquées furent utilisées par les Almohades qui, pour le captage de l’eau des oueds du Haut Atlas, construisirent une séguia longue de vingt-cinq kilomètres.
L’autre grande prouesse des architectes des jardins de l’Agdal et de la Ménara est d’avoir conçu un immense réservoir suspendu qui, encadré d’une promenade, permet l’irrigation des jardins et la régularisation des apports des séguias, des khettaras et des pluies. Stocker l’eau puis la lâcher… Dès qu’une vanne est ouverte, c’est une rivière qui s’écoule, simplement guidée par la déclivité du sol. Elle s’en va courir au milieu des oliviers, tandis qu’un jardinier lui montre le chemin en ouvrant des brèches, puis en les refermant, afin d’inonder l’une après l’autre chaque parcelle.
Lorsque l’eau si précieuse transforme le désert en jardin, la sagesse dit que c’est pour nourrir les hommes, autant que pour montrer leur pouvoir… SA-A

Le jnan el Rédouane Le jnan el Rédouane,
“ jardin du bon plaisir ”, fut planté au XVIe siècle puis reconstruit par le sultan alaouite Sidi Mohammed vers 1862-63. Géographiquement, il fait suite aux vergers de l’Agdal, sur leur bordure est, au sud du Méchouar, cour d’honneur du palais royal.
L’élément essentiel de ce petit parc quadrangulaire clos et peuplé d’oliviers centenaires se trouvait dans un pavillon de plaisance, résidence d’été du sultan, relié à un kiosque par un petit escalier de mosaïque. Surélevé de quelques mètres et sommé d'un toit pyramidal de tuiles vertes, cet édifice de bois était une véritable curiosité et enchantait le paysage de ses couleurs vives, bleu,
vert, jaune, blanc... Œuvre d’artisans tétouanais, il avait été conçu comme un belvédère et dominait le jardin et ses environs. Il n’est aujourd’hui plus visible : il a disparu dans un incendie au début du XXe siècle.
Quant au pavillon de plaisance, il comporte une salle centrale carrée toute en larges vitres et une galerie de frêles colonnettes qui longe quatre salons d’angle. Un patio sépare la face sud d’un bain et d’une pièce de service.
On comprend sans peine que Jnan el Rédouane ait été l'un des séjours
favoris des souverains de Marrakech
qui se retiraient sous ses ombrages
pour deviser. SA-A
 
 

Les Jardins Ksar Al Badi, Grandeur et décadence..

"Plus de cinq cents colonnes de marbre de Carrare, vingt coupoles, une multitude de vasques au rez-de-chaussée et à l'étage, des dallages de marqueterie en céramique, des ornements et des tentures de soie avec des franges calligraphiées en fils d'or…" Telle est la description que firent du palais Al Badi - “ l’Incomparable ” - les chroniqueurs arabes, les diplomates et les voyageurs européens qui le visitèrent à la fin du XVIe siècle.
Ses vestiges ne représentent qu'une partie d'un ensemble plus vaste construit entre 1578 et 1594 sur l'ordre du calife saâdien Ahmed Al-Mansour. Il n'en reste qu'une immense esplanade creusée de bassins, plantée d'orangers et entourée de hautes murailles sur lesquelles nichent les cigognes, au cœur de laquelle s’étend une vaste pièce d’eau bordée de deux parterres d’orangers disposés en quinconce. Les allées montrent encore leur beau dallage de mosaïques et de zelliges multicolores à motifs d’étoiles.
À l'Est, le palais ouvre sur un grand jardin ceint de hauts murs, Arsat Al Jaj, du nom du pavillon qui le domine. L’imagination permet de restituer le raffinement et le faste des aménagements botaniques d’autrefois : végétation variée et luxuriante, volupté des senteurs, plantations fleuries, chants d’oiseaux. souffle de la brise nocturne rafraîchie par les sommets de l’Atlas…
Le Ksar Al Badi et ses jardins furent dévastés et dépouillés de tous leurs ornements à partir de 1677. Le coup de grâce vint avec l’ordre de destruction donné par le sultan Moulay Ismail quelque quarante années plus tard. Les raisons de cette décision restent obscures, mais un ensemble de facteurs semblent avoir joué : le choix d’une nouvelle capitale - en l’occurrence Meknès - et le besoin de toute dynastie naissante d’éclipser les œuvres de celle qui l’a précédée. Malgré les dommages qu'ils ont subi, les jardins du Ksar Al Badi restent un modèle incontesté de raffinement arabo-andalou... SA-A

 
Jardins secrets, jardins rêvés…
Jardins secrets, jardins rêvés…

L’hôtel « Les Jardins de la Médina » ne pouvait porter un autre nom : au détour des ruelles poussiéreuses et balayées par le vent chaud, s'ouvre entre des murs épais son jardin ombragé d’environ deux mille mètres carrés, superficie considérable pour ce quartier de la médina. Jardin nourricier et d’agrément du riad voisin - propriété discrète de la famille royale - on y donnait autrefois des réceptions, on venait y trouver un peu de fraîcheur et s’y reposer en écoutant le murmure de l’eau. C'est ce passé, ce souvenir des fastes du
XIXe siècle, qui lui donne une âme, une vraie. L'ensemble a été restauré, il y a trois ans, dans l’esprit d’origine par le paysagiste Jean-Charles Mazet. Bien qu’il ait fallu bâtir tout autour plus d’une trentaine de chambres, la plupart des arbres ont été conservés. La composition, qui allie avec bonheur le végétal et le minéral, est toute en subtilité. Une allée de bejmat (dalles en terre cuite de Fès) fend le jardin dans la profondeur jusqu’à la façade restaurée d’un pavillon d’origine. L’allée, bordée de haies de plumbago, est ombragée de palmiers et d’orangers. De plain-pied sur le jardin, la terrasse où l’on prend les repas est plantée d’oliviers, et climatisée en saison chaude par un brumisateur. Elle se prolonge jusqu’à une piscine habilement dérobée aux regards par des bananiers. Entre les fûts des palmiers, le soleil est là sans jamais éblouir. Les yuccas côtoient les figuiers, les daturas flirtent avec les lauriers. De petites pelouses d’un vert tendre sont réparties discrètement entre les arbres. Des lianes de Floride grimpent sur les balustrades d’un premier étage aménagé en tonnelle. Les terrasses, réparties sur trois niveaux, donnent la mesure de la hauteur des palmiers. De la plus élevée d’entre elles, la vue s’étend jusqu’aux jardins de l’Agdal. L’esprit du lieu ? Un jardin d’autrefois, qui abrite l’un des plus grands jacarandas de Marrakech, tout fleuri de grappes mauves au printemps. CV

 
Partenaires: appartement marrakech circuit maroc riad marrakech hotel marrakech hotel marrakech supdeco marrakech