Retour à la page  d’accueil

Rêve de maison
Horizons Marrakech
Objets de désir
Annonceurs du N°:2

Consultez les anciens numéros
Inscrivez-vous à notre lettre d'information trimestrielle
Entrez votre E-mail ici

 
 
Addition

La Trattoria
La Trattoria
179, rue Mohammed
el Beqal, Marrakech
Tél. : 00 212 (0) 44 43 26 41
Fax : 00 212 (0) 44 43 27 97 Réservation
par e-mail : reservation@
latrattoria
marrakech.com
Ouvert du lundi au samedi, le soir seulement
Carte 350 dh
Détails : la salle Giancarlo peut accueillir jusqu'à 40 personnes,
le grand salon
Bill Willis,
50 personnes,
la terrasse,
50 personnes,
le salon privé Christopher,
15 personnes.

Le plus
La surprenante authenticité de la cuisine, la beauté parfumée du jardin à la nuit tombante, et puis, et puis… En fait, tout y est : décor, cuisine, ambiance et service.

Ca alors… Un restaurant italien à Marrakech où - le croirez-vous ? - on mange bigrement bien ! Bonne surprise, presque inespérée, car même dans de grandes capitales, il reste difficile de trouver un vrai « italien ».
Dès l’entrée, c’est un enchantement. Et, au contraire de Sacha Guitry qui, voyant une femme sublime, se disait « pourvu qu’elle soit bête ! », on se dit « pourvu que ce soit aussi bon que c’est beau ». Dans cet écrin de verdure, sous ce ciel de Marrakech dont on ne dira jamais assez la somptuosité, dans ce décor d’un Maroc presque vénitien, se cache un chef qui sait s’y prendre.
Cuisiner des spaghettis aux palourdes, ce ne devrait pas être la mer à boire. Détrompez-vous : la fabrication très simple de ce plat requiert pourtant un vrai savoir-faire et, à moins d’en posséder les ficelles, on peut transformer cette assiette classique en petite catastrophe.
Là, tout est bon : pâtes basiques – Barilla – al dente, palourdes dodues extra fraîches, petites tomates juteuses, huile d’olive qui tient la route, vague senteur d’ail sans que cela défende un baiser en fin de dîner.
On peut faire précéder les pâtes d'un carpaccio à la Cipriani - (bœuf cru mariné, parmesan, huile d'olive et vinaigre balsamique) – ou par un carpaccio di pesce - (poisson mariné, huile d'olive et citron), goûteux et fondant, et même par une insalata caprese - tomates, mozzarella, huile d'olive, basilic – par ailleurs l’une des assiettes les plus massacrées de l’histoire de la gastronomie italienne…
Si ces mets de demoiselle ne font que réveiller un plus bel appétit, on peut se laisser surprendre par des gnocchis de pommes de terre à la ricotta et aux calamars, une recette originale, ou alors continuer le repas avec la sole à la plancha ou le bar grillé accompagné de crevettes aux herbes de l’Atlas, bien arrosé de jus de citron.
Le soir, une fois que les derniers rayons obliques ont déserté le ciel, juste après l’heure exquise, il y a un moment où certains oiseaux se remettent à gazouiller. C’est alors que les plantes exhalent comme un soupir exténué leurs parfums. Autour de la vasque d’eau éclairée par les lueurs frissonnantes des bougies, hibiscus, lauriers roses, vigne rouge et daturas accordent leurs effluves : et si on prenait un dessert ? Qu’est-ce qui pourrait s’harmoniser avec la magnificence de l’instant ?
Un sabayon tiède au marsala, par exemple !
C’est certainement un dessert pour amateurs d’étranges défis, car la dernière fois qu’on l’a goûté, c’était dans "Le Guépard" de Giuseppe Tomasi de Lampedusa, un souvenir qui reflue d’une enfance littéraire, sorte de madeleine italienne…
Une gourmandise insolite, où le Maroc reprend soudain ses droits sur l’autre rivage de la Méditerranée, c’est le pot du bled, du pain caramélisé à la cannelle, poires, amandes et olives confites : là aussi, une douceur d’enfant.
Voilà donc un dîner qui, de bout en bout, fut excellent, aussi bien par le ballet bien synchronisé des plats que pour l’ambiance délectable.
Un mot sur le service : les garçons sont charmants, à la fois attentifs et discrets, présents et délicats. Habillés en mafieux d’opérette, avec leurs costumes aux rayures verticales, pochettes débordantes et cheveux gominés, ils seraient à eux seuls une bonne raison de fréquenter cette improbable Trattoria. Mais voilà, n’en jetez plus. Faut-il trouver un bémol ? Les prix, un peu trop semblables à ceux des autres bons restaurants de Marrakech, toujours un rien trop chers : 120 Dh les spaghettis,
100 Dh le carpaccio de poisson, 150 Dh la sole, 160 Dh le bar aux crevettes…

 

 


l Mimouna

‘l Mimouna
l47, place Qzadria (place des Ferblantiers),
Marrakech.
Tél. : 00 212
(0) 44 38 68 68
Ouvert tous
les jours.
Menus 400 et 500 Dh.

Le plus
Le charme de l’apéritif sur la terrasse, l’intimité des petits salons, le service impeccable, la réussite de la décoration intérieure.

Près du palais El Badi s'épanouit une belle place rose, où les boutiques des ferblantiers s’alignent en rangs bien ordonnés. Nettoyée et restaurée depuis peu, cette place reste quelque peu confidentielle. Dans l’un de ses coins trône un très vieil eucalyptus qui abrite, dans l’ombre de ses branches odorantes, un restaurant fabuleux : ‘l Mimouna.
C’est un palais, une imposante architecture au goût d’une exigeante Shéhérazade, une arabesque de couloirs et d’escaliers compliquée de moucharabiehs et aérée d’un puits de lumière ; une échappée de marches conduit à des paliers parfumés de bois précieux, à des salles ouvertes et intimes à la fois, remplies d’un assortiment de meubles sombres, lourds et rares. Les murs sont enduits de tadellakt gris ou rose éteint, les zelliges courent sur les sols tapissés. En bas, l’une des salles de toilettes les plus luxueuses que l’on puisse voir ouvre ses vastes battants sur des lavabos spectaculaires. Quand enfin, escorté par des créatures aux sourires timides, on arrive sur la terrasse, on est soudainement transporté dans un décor de film : les lueurs de la ville, les contours plus noirs de la Koutoubia, et tout autour les lanternes qui semblent refléter les lueurs palpitantes du ciel… Cela arrive souvent, à Marrakech, cette sensation de perfection, cet instant immobile de beauté : puis tout se remet en marche, les garçons très stylés vous demandent ce que vous voulez boire, vous vous asseyez autour d’une table basse et vous contemplez.
Tout cela pour dire qu’il faudrait commencer un dîner à ‘l Mimouna par une halte sur la terrasse, quitte à en redescendre pour des réalités plus tangibles.
Enfin, installé auprès d’une fenêtre sur un long divan recouvert de soieries et de coussins, dans une pièce aux lumières tamisées, il ne vous reste plus qu’à vous laisser faire.
Confiant, on peut s’abandonner à la succession des plats, qui débutent par une série confondante de petites salades dont la plus inattendue est celle à la courge et carotte, et la plus piquante, celle aux olives vertes.Une fois qu’on a saucé les plats à l’aide des petits pains chauds, - ça ne se fait pas, mais qui n’a jamais péché jettera la première pierre - une fois que, gourmand, on est déjà presque repu, arrive la pastilla au pigeon : la viande est fondante, le feuilleté, scrupuleux. Vient ensuite le couscous : l’un des meilleurs de la ville, la graine est aérienne et moelleuse à la fois, et le bouillon végétarien, une tisane de saveurs clémentes.
Si l’on termine le dîner par une tchoutchouka - une pastilla aux lait d’amandes - on est bon pour rentrer à l’hôtel en faisant trois fois le tour des remparts de Marrakech : un mariage paysan mis à part, jamais il n’est possible d’autant manger. C’est d’ailleurs le seul reproche que l’on puisse faire à ‘l Mimouna, cette orgie de bonnes choses : on aimerait pouvoir se faufiler parmi ces merveilles sans être embarrassé par de si copieuses, autant que nombreuses, assiettes. Et si on pouvait réserver sa table en demandant d’avance son menu, quitte à le diviser pour deux, ce serait l'idéal : du point de vue de l’addition, sans doute, mais aussi pour n’être pas obligé de se mettre à la diète dès le lendemain… SG