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Horizons


























El Jadida,
Entre nostalgie et renouveau…

Déchue ? Décrépite ? Léthargique ? L’ancienne Mazagan de l’Empire lusitanien, la « Deauville du Maroc » chère au maréchal Lyautey, celle qui après la parenthèse du Protectorat allait redevenir El Jadida — « la nouvelle » en arabe —, celle qui allait rejoindre en 2004 le cercle fermé des sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco, ne peut, en dépit d’un retard certain, se réduire aux poncifs dévalorisants qui lui collent
aux remparts…

Avec un remarquable patrimoine architectural, certes encore en souffrance, et un avenir qu’un projet touristique d’envergure promet souriant, la capitale économique de la région de Doukkala est sur le point d’entrer dans le concert des destinations touristiques majeures. Si on la décrit encore volontiers paressant à l’ombre de la mégalopole voisine qu’est la ville de Casablanca, située à une centaine de kilomètres plus au nord, on la loue aussi bien pour la douceur de son climat et l’étendue de ses plages, que pour la beauté de ses édifices, témoignages d’un passé mouvementé qui font aujourd’hui le bonheur des étudiants en beaux-arts et des rares touristes qui auront su lever les yeux. Si, à El Jadida, tout semble devoir commencer et finir par la fameuse cité portugaise et sa célèbre citerne, c’est bien avant sa construction qu’en 650 av. J.-C, l’amiral carthaginois Hannon la cite au cours de son périple le long de la côte ouest du continent africain. Plus tard, Ptolémée évoquera le comptoir phénicien du port de Rusibis qu’il situe, selon son propre système géodésique, sur les coordonnées géographiques de l’actuelle citadelle. Mais, ce n’est qu’à partir du début du XVIe siècle que commence l’histoire singulière de l’ancienne Mazagan, quand son emplacement stratégique suscite la convoitise des souverains lusitaniens. La belle portugaise trônant sur un promontoire naturel au bord de l’Atlantique, ses cent soixante mille âmes et les splendeurs menacées qu’elle recèle en sont directement issues.
C’est, en effet, en 1502 que des naufragés portugais y érigent un fortin. Douze ans plus tard, le roi du Portugal, en guerre contre les Maures, y fait édifier une forteresse entourée d’une modeste agglo-mération baptisée Mazagão ou Mazagan, nom dont il faudrait trouver l’origine dans le chef-lieu de l’époque, Mazighan, situé à quelques kilomètres au nord de la ville. Le nouveau port, à vocation autant militaire que commerciale, devient très vite une escale de premier ordre en raison de l’excellent abri qu’elle offre aux navires sur la route des Indes et de l’Afrique subsaharienne, et un comptoir majeur voué à l’exportation des produits agricoles provenant de la très fertile région qui l’environne.
En 1541, après la perte des ports d’Agadir, de Safi et d’Azemmour, l’occupant décide d’y concentrer toutes ses forces et d’en faire cette citadelle réputée inexpugnable qui sera l’un de ses derniers bastions au Maroc. Confiés à un ingénieur italien, les travaux dureront deux ans. L’enceinte large et massive au dessin rectangulaire, alors flanquée de cinq bastions, résistera deux siècles durant aux tentatives des monarques chérifiens pour libérer la ville. La lente agonie du comptoir, délaissé par une métropole portugaise partie à la conquête du Nouveau Monde, s’est pourtant amorcée avant la fin du premier siècle de sa fondation. Soumis à un siège presque permanent, ses habitants en sont réduits à transformer une ancienne salle d’armes en citerne, réserve d’eau potable vitale pour eux. Ils ne sont plus que deux mille quand, en 1769, ils sont obligés de céder face à cent vingt mille assiégeants arabes et berbères conduits par le sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah. Leur fuite sera suivie par l’anéantissement pur et simple de la citadelle, et par une épopée sans précédent : celle de la transplantation de la ville sur un autre continent, Joseph Ier, dit le Réformateur, ayant en effet décidé de la reconstruire en Amazonie, alors en cours de colonisation, et d’y reloger les survivants du siège. Mazagan prit alors le triste surnom de Mhadouma — la ruine —, et ce n’est que dans les années 1820, sur ordre du sultan Moulay Abderrahman, qu’elle fut rebâtie et baptisée El Jadida, « la nouvelle ». Avec l’arrivée des Français, en 1912, elle reprend curieusement et jusqu’à leur départ, le nom de Mazagan. Sous le protectorat, elle connaîtra un certain essor et une ville nouvelle surgit hors les murs.
Si la vieille cité portugaise pique la curiosité des visiteurs, touristes, étudiants, historiens, architectes, chercheurs, photographes et peintres inspirés, c’est autant, semble-t-il, pour les dimensions et la robustesse de la citadelle que pour le cachet de sa médina pleine d’une vie populaire où l’on goûte l’atmosphère très théâtrale des villes du sud de l’Europe. S’y côtoient couleurs vives ou délavées, balcons en fer forgé, encadrements richement ornés et portes ouvragées de maisons outragées par le temps. C’est un peu le paradoxe des lieux. On se délecte d’une patine surannée en même temps qu’on se désole de la déréliction de ces trésors architecturaux. Au point que l’on se demande si le classement au Patrimoine mondial n’a pas été pris pour une fin en soi plutôt que comme un encouragement à la restauration, ou tout au
moins à la sauvegarde. Mais la situation devrait, paraît-il, vite évoluer…
La visite de la ville n’en reste pas moins magique. Il faut parcourir son large chemin de ronde, s’arrêter à chacun de ses bastions, surtout celui de l’Ange d’où l’on embrasse le port et un horizon imaginaire où pourraient encore pointer les voiles fatiguées de caravelles alourdies d’épices et d’ivoire, s’attarder devant le minaret pentagonal de la mosquée qui, autrefois, faisait office de phare, rêver devant le spectacle irréel offert par les voûtes et les colonnes de la citerne se reflétant dans le miroir d’une eau dormante, frissonner devant la grille fermée de la Porte de la Mer par laquelle durent fuirent à la hâte les ultimes assiégés, trembler en longeant l’austère façade blanche de la chapelle de l’Inquisition qui résonne à jamais des réquisitoires sans appel de moines hallucinés, enfin voyager dans le passé à l’église désacralisée Notre-Dame de l’Assomption, où sont retracées, en quelques planches illustrées, les origines de la cité…
On n’hésitera pas, ensuite, à s’immerger dans El Jadida la contemporaine, dans la foule dense de ses innombrables kissarias où tout s’achète, se vend, s’échange et se mange. Au pied de la mosquée, la ville aux mille palmiers et aux cent jardins s’étage en pente douce. Le moderne y côtoie l’ancien : vieilles résidences coloniales cadenassées, théâtre aban-donné… Irrésistiblement, on guette du regard la nouvelle merveille qui pourrait s’offrir à la dérobée. Entrez ici, et vous voici dans le palais andalou, au cœur d’un époustouflant patio où la beauté des zelliges, des stucs, des boiseries et des plafonds peints vous figent d’admiration.
Prenez la tangente et allez flâner sur la promenade qui longe la baie. Allez plus loin encore… Que vous choisissiez d’arpenter les interminables plages du nord ou de battre la campagne, partout El Jadida, celle pourtant qui se cherche encore, se rappelle à vous…
Entre nostalgie et désir de renouveau, au terme d’un sommeil qui n’a que trop duré, la belle qui, hier encore, semblait ignorer qu’elle l’était, voit arriver son heure, celle que non seulement les Jdidis, mais tous ceux qui l’ont une fois visitée, ont hâte d’entendre sonner…

Du pays de Doukkala à celui des Amazones
Dans son ouvrage intitulé Mazagão, la ville qui traversa l’Atlantique, paru aux éditions Aubier, Laurent Vidal revient sur l’odyssée d’une population transplantée outre-atlantique, avec effets personnels, objets de culte, registres administratifs, etc. Mais avant d’atteindre le Brésil, nouveau fleuron de l’Empire lusitanien, les déportés seront les acteurs d’une épopée sans précédent qui les conduira
durant plusieurs années de Lisbonne à Belém,
avant l’établissement final dans la cité si
chèrement promise…

Le phare, “ monument ” de l’ère du Protectorat.
Les fortifications portugaises, côté mer.

Farouche et pourtant
si gracieuse,
Mazagan, rescapée
de cinq siècles d’une Histoire violente

La Porte de la Mer

Le décor irréel de la citerne portugaise redécouverte par hasard au siècle dernier

Une découverte miraculeuse…

La citerne portugaise, dans les entrailles de laquelle Orson Welles tourna des scènes de son Othello, fut exhumée par le plus grand des hasards. Il faudra, en effet, attendre le début du vingtième siècle pour que le commerçant qui tenait boutique devant son entrée condamnée décide de s’agrandir. Quelques coups de pioche plus tard, la perle
de l’ancienne Mazagan apparaissait dans toute sa splendeur, dévoilant intacte une salle de 34 mètres
de côté, soutenue par vingt-cinq colonnes de pierre d’Azemmour. L’eau de pluie y est récoltée par un réseau
de rigoles en surface, et alimente la réserve par des orifices situés aux quatre coins de l’ouvrage. L’oculus central, qui jadis permettait de collecter la précieuse ressource, émerveille aujourd’hui les visiteurs. La lumière qu’il laisse filtrer vient se refléter dans les cinq centimètres d’eau de circonstance, en une vision quasi surréaliste.

La mutation est en marche
El Jadida fait partie des cinq pôles touristiques bénéficiant de l’ambitieux « Plan Azur ». Sur une superficie de 505 hectares, on y attend une capacité d’environ 8 000 lits générant près de 15 000 emplois, avec, entre autres, un hôtel cinq étoiles et un golf prévus à la fin 2007, pour un investissement de 2,4 milliards de dirhams. L’autoroute en cours d’achèvement, qui placera la ville à 45 minutes de Casablanca, ainsi que le développement de la zone portuaire et industrielle de Jorf-Lasfar, devraient faire de l’ancienne Mazagan le second pôle économique du pays.

Une façade plus portugaise que maghrébine

Le Palais Andalou : cette merveille architecturale est devenue un hôtel
























Symphonie pastorale

En laissant l’ancienne Mazagan aux défis qui sont désormais les siens, que l’on choisisse d’explorer la façade atlantique ou de parcourir l’intérieur des terres, partout s’impose l’impression d’une continuité naturelle. Certes, des complexes hôteliers vont commencer à naître çà et là sur le littoral ; certes, les lagunes finiront par être peuplées de plus de touristes que d’oiseaux migrateurs… Mais la vérité de ces contrées encore ignorées est ailleurs. Dans
le quotidien d’hommes et de femmes qui tirent leurs seules ressources de la terre et de la mer… Dans la lenteur apparente d’une vie calquée sur le rythme des saisons… Dans la splendeur de ses antiques kasbahs, dans la paix préservée de ses douars millénaires… Étrange pays que ce pays sage qui semble n’avoir d’autre prétention que celle de vouloir simplement exister. On y trouve des champs gagnés sur l’océan, et des langues d’océan qui viennent lécher l’orée des forêts, des paysages amphibies où les noces de la terre et de la mer se poursuivent depuis des millénaires, où l’on pêche à pied, où l’on moissonne en mer, où les paysans vivent avec l’horaire des marées, et où les marins cultivent les lagunes comme d’autres leurs champs. Ici, pas de circuits touristiques. C’est
une région où l’on passe, des étapes où l’on demeure. Si la topographie est souvent plate et rectiligne, elle n’est jamais monotone. L’air y est vif et la vie colorée. Comme une symphonie pastorale où se mêleraient le chant des vagues et
le bruissement du vent sur les blés…

Azemmour ou la fiancée du printemps
Sur la centaine de kilomètres du littoral qui sépare Casablanca
d’El Jadida, deux mondes semblent s’affronter. Au nord de l’ancienne Mazagan, une cité médiévale, de longues grèves désertes bordées de forêts ; au sud de la capitale économique du royaume, la poussée du béton et des lotissements de vacances, des stations balnéaires chic et des plages populaires, le microrivage de Dar Bouazza et ses quelques cabanons-restaurant qui attirent l’élite casablancaise. Entre ces extrêmes et comme un fil conducteur, les cultures potagères et maraîchères de l’arrière-pays immédiat. Une perle, enfin, encore négligée par les touristes, mais sur laquelle les regards se tourneront inévitablement, Azemmour dont Ibn al-Khatib écrivait au milieu du XIVe siècle : « C'est la fiancée du printemps et de l'automne. Ses phares et ses créneaux, tels des astres brillants, observent sa vallée. » Celle aussi dont la beauté pudique n’a pas échappé au cœur de Zimmermann : « C'est la ville tout entière qui apparaît périlleusement accrochée dans un désordre pittoresque, d'une blancheur exquise à l’œil, sur le faîte de la falaise abrupte dont les eaux rouges du fleuve baignent le pied. » Azemmour ou « le rameau de l’olivier » en berbère, est indissociable de sa « mère du printemps », du nom de l’un des plus longs fleuves du Maroc, l’« Oum er-Rbia », qui longe ses murailles avant de se jeter dans l’océan. Si l’on peut s’attarder devant le « Dar el Baroud » (ou maison de la poudre), devant les vestiges d’un palais de gouverneur ou encore devant l’architecture singulière de ses borjs, c’est à travers son dédale de ruelles aux murs peints par des artistes renommés ou anonymes que l’on prendra le temps de se perdre. C’est au contact de
ses habitants, de ses enfants et de leurs sourires malicieux que l’on aimerait pour un temps se réfugier.

Coup de cœur Riad Azama
17, impasse Ben Tahar, Azemmour (ancienne médina). Maroc. tél./fax : + 212 (0) 23 34 75 16 – France : + 33 (0) 6 80 43 07 36.
Site web : www.riadazama.com – Email : riadazama@menara.ma
Daniel Person est tombé sous le charme de cette ancienne médina si injustement — mais pour notre plus grand bonheur — presque ignorée des grands circuits touristiques. Son riad est à l’image des autochtones : riche et souriant. Décoration typiquement orientale, travail de restauration exemplaire et mobilier chiné chez les antiquaires confèrent à cette retraite pour initiés ce petit plus qui n’a rien d’artificiel. Ses terrasses dominent la ville, certes, mais non l’envie d’un séjour que l’on voudrait volontiers prolonger. Chambre double : 550 Dh. Suite pour deux personnes : 750 Dh (avec petit déjeuner). Repas sur commande : 150 Dh/pers.

Au pays Doukkala…
Les chemins bucoliques qui mènent au pays Doukkala vivent encore au rythme des attelages laborieux qui bercent le quotidien des douars, et l’on se demande bien ce qui, un jour, pourrait venir troubler l’horlogerie ancestrale de cette contrée oubliée. Le touriste ? On peut en douter. Car ici la bonne table, c’est l’épicerie, et le nid douillet, la belle étoile. La sécheresse, peut-être ? Encore qu’en ce printemps l’excellente pluviométrie de l’hiver laisse présager des récoltes record. Ce paradis paraît définitivement être né pour nourrir ses voisines stressées. Alors, rien de meilleur que d’y venir respirer les odeurs fortes du bétail, se rincer l’œil du vert de ses vignes, de l’ocre de ses sols argileux, du rouge éclatant de ses coquelicots, de la blondeur de ses blés. Et pourquoi pas — si on ne se décourage pas de la trouver — d’aller y admirer la kasbah de Boulaouane, histoire d’associer quelque adjectif élogieux au vin gris pâle qui porte son nom. En ce début de XVIIe siècle, Moulay Ismaïl n’avait pas choisi au hasard son implantation, en surplomb d’un lacis de gorges qui épousent le cours d’un oued. Avec ses sept bastions et ses portes monumentales, l’ouvrage est impressionnant. Et si le cœur de ce rectangle aux remparts chancelants n’est plus que ruine — ou presque — le chemin de ronde qui le borde offre
un vertige de contemplation.
Au-delà de ses murailles, s’offre
la géométrie horizontale et verticale d’un panorama à faire vaciller… Il y a longtemps que
les guetteurs ont quitté ses créneaux. Seul reste le ballet incessant de centaines de faucons chorégraphes, ultimes gardiens d’une forteresse qui n’a plus que pour ennemies que l’indifférence et l’érosion.

Coup de cœur Au Bambou
Spécialités asiatiques. Route de Casablanca, El Jadida. Tél. : + 212 (0) 23 35 53 86.
Voilà une adresse qui ne laissera pas de surprendre ! Une architecture déroutante, une atmosphère couleur locale fidèlement restituée, et cette netteté des lieux qui laisse présager le meilleur. Enfin, et surtout, M. Lee, Vietnamien venu du 13e arrondissement de Paris, dont l’excellence de la cuisine pourrait faire pâlir bien des adresses de l’Hexagone, et d’ailleurs... Service de livraison à domicile, plats à emporter. Alcools, vins. Tapas du Soleil-Levant : 25 Dh l’assiette. Compter 150 Dh pour un repas complet. Menus (servis le midi uniquement) : 95 et 105 Dh (hors boissons).

Côte sud
Comme un parfum de terre iodée… De la baie d’El Jadida jusqu’au cap Beddouza, coiffé d’un phare trapu, la côte et l’océan se mêlent et parfois se confondent dans une espèce de jeu de vases communicants, où les cultures semblent avoir gagné sur les eaux et la mer s’être transformée en une terre fertile. Ainsi, lorsqu’ici le cordon dunaire se laisse découper, les marais salants apparaissent ; là, quand il prend étrangement la courbe d’une vague, il se transforme en un jardin potager où la blancheur des serres est pareille à l’écume des déferlantes. Alternent et, parfois, se côtoient, voire s’associent, lagunes et falaises, dunes et plages, marabouts et palais inhabités, champs et troupeaux de prés-salés, oiseaux domestiques et migrateurs, faune du grand large et parcs ostréicoles, pêche aux moules et pêche en apnée, douceur de vivre et pollutions agressives, paysages préservés et bétonnage éhonté, bleds fantômes et stations balnéaires réputées. Parmi ces dernières, il en est une, Oualidia, qui regroupe à elle seule toutes ces particularités. Lieu de villégiature prisé des Casablancais et des Marrakchis, les eaux de sa lagune et de sa plage protégées par deux langues de terre abritaient bien avant que la
pression touristique ne fasse sentir ses effets la migration d’oiseaux aussi beaux qu’ils sont aujourd’hui devenus rares : aigrettes, hérons, cigognes, spatules, courlis, goélands marins, canards… Les restes d’une kasbah du XVIIe siècle domine encore ce sanctuaire idyllique. Qu’en penserait son fondateur,
El-Oualid ? On ne le saura jamais. Mais une chose est sûre : cette année, les flamants roses, c’est
ailleurs que nous les avons trouvés.

Coup de cœur Sur la plage du port de Oualidia
En longeant la lagune par le sud, on atteint la plage atlantique et son petit port de pêche, dans un essaim de mobylettes racoleuses flanquées de caisses renfermant, chacune, des trésors de fraîcheur issus de la grande bleue. Passé l’agacement d’un harcèlement pourtant bon enfant, on aurait tort de se priver de cette aubaine iodée. Les moins frileux se laisseront alors tenter par une cuisson sur la plage façon barbecue, à l’ombre d’un parasol ou dans la magie d’une nuit étoilée ; les autres y feront simplement leur marché à des prix défiant toute concurrence, fluctuants néanmoins selon l’affluence. Par exemple : oursins et couteaux à 20 Dh la douzaine, coques et bulots à 15 Dh le kilo, ou araignée à environ 50 Dh la pièce…


Pratique Où loger ?

À El Jadida

Dar Al-Manar
À 7 km, sur la route d’Azemmour (site de l’ancien phare Sidi Msbah). Tél. : + 212 (0) 23 35 16 45. Web : www.dar-al-manar.com
Au cœur de la campagne doukkalie, Fatima et Pascal vous proposent cinq chambres lumineuses dans leur demeure à l’architecture contemporaine. Chambres : de 700 à 900 Dh, avec petit déjeuner. Restauration sur commande.

Sofitel Royal Golf
Route de Casablanca, km 7. Tél. : + 212 (0) 23 37 91 00 — Fax : + 212 (0) 23 35 34 73. Email : h2960@accor.com
Au nord de la baie d’El Jadida, cet établissement luxueux permet de concilier, tout près de l’ancienne Mazagan et d’Azemmour, confort, calme et activités de plein air. Golf
18 trous (par 72). Chambre double à partir de 1400 Dh. Petit déjeuner buffet : 120 Dh. Taxe : 12 Dh/pers/jour.

Ibis Moussafir
Place Nour El Kamar. Tél. : + 212 (0) 23 37 95 00
Fax : + 212 (0) 23 37 95 01. Email : h5708@accor.com
À deux pas du centre ville par la promenade du front de mer, cet hôtel aux prestations standardisées est néanmoins une alternative abordable et sans surprise face au désert hôtelier d’El Jadida « la nouvelle ». Chambre double à partir de 315 Dh HT (petit déjeuner en sus).

À Oualidia

L’Hippocampe (voir notre rubrique « Mille et une nuits », page 98). Route du Palais. Tél. : + 212 (0) 23 36 61 08/64 99 – Fax : + 212 (0) 23 36 64 61. Web : www.casavigi.com/hotelhippocampe Email : hotelhippocampe@hotmail.com

L’Ostréa II
Parc à huîtres 007. Tél. : + 212 (0) 23 36 63 24/64 49 12 76 – Fax : + 212 (0) 23 36 64 53. Web : www.ilove-casablanca
.com/ostrea – Email : ostrea007@yahoo.fr
À l’écart de la plage principale, cet hôtel abrite, outre cinq chambres sans fausse note, avec vue sur la lagune, le plus moderne des parcs ostréicoles au Maroc ainsi que la meilleure table des environs. Une étape confortable, accueillante et gourmande. Chambre double à partir de 600 Dh. Petit déjeuner : 50 Dh. 10 % de réduction sur le restaurant pour les résidents.

À Azemmour

Riad Azama (notre rubrique « Coup de cœur », page 55). 17, impasse Ben Tahar (ancienne médina). Tél./fax : + 212 (0) 23 34 75 16 – France : + 33 (0) 6 80 43 07 36. Web : www.riadazama.com — Email : riadazama@menara.ma

L’Oum Errebia
25, impasse Chtouka. Tél. : + 212 (0) 23 34 70 71 – Fax : + 212 (0) 23 34 77 05 – Mobile : + 212 (0) 66 82 42 33. Web : www.azem
mour-hotel.com – Email : contact@azemmour-hotel.com
Galerie d’art et art de vivre… On coule ici des jours tranquilles au bord de l’oued berceur. Une adresse à mille lieues des clichés convenus. Chambre double : 700 Dh. Petit-déjeuner : 50 Dh. Repas sur commande : 150 Dh.

À Dar Bouazza

Hôtel des Arts (notre rubrique « Rêve d’hôtel », page 36).
À vingt minutes au sud de Casablanca, par la route côtière. 1 120, Jack Beach. Tél. : + 212 (0) 22 96 54 50/51/52. Fax : + 212 (0) 22 96 58 47. Web : www.hoteldesarts.net — Email : reservations@hoteldesarts.net
L’un des hôtels les plus surprenants et le plus novateur du royaume. à partir de 950 Dh en chambre double, 2 000 Dh pour les suites ethniques (avec petit déjeuner).

Où déjeuner ? Où dîner ?

À El Jadida

Au Bambou
Spécialités asiatiques (voir notre « Coup de cœur », page 57).
Route de Casablanca. Tél. : + 212 (0) 23 35 53 86. Service de livraison à domicile. CB acceptée.

Le Requin bleu
Plage de Sidi Bouzid. Tél. : + 212 (0) 23 34 80 67 – Fax : + 212 (0) 23 34 85 41 — Web : www.requinbleu.com
Est-ce parce que son propriétaire, Nabil Barbouch, est le vice-président de la Fédération nationale des restaurateurs que cette table, idéalement située face à la mer, est la valeur sûre de la région ? Certainement, si l’on en juge par la qualité et par la fraîcheur des produits. À la carte, compter 200 Dh. Menu complet à 115 Dh (hors boissons). Carte de vins et alcools.

Restaurant du Port
Au fond du port de pêche, le long des remparts de la cité portugaise. Tél. : + 212 (0) 23 34 25 79 – Mobile : + 212 (0) 61 56 57 16. Fermé le dimanche soir.
C’est un peu la base arrière du yacht-club très actif de la baie. La salle à l’ambiance « paquebot atlantique » offre un panorama en harmonie avec l’honnêteté des mets et la bonne humeur des habitués. Compter 200 Dh (hors boissons). Carte de vins et alcools.

À Oualidia

L’Ostréa II (voir notre rubrique « Addition », page 96)
Sur le parc à huîtres 007. Tél. : + 212 (0) 23 36 63 24/64 49 12 76. Fax : + 212 (0) 23 36 64 53 — Web : www.ilove-casablanca.
com/ostrea

L’Araignée Gourmande
Oualidia plage. Tél. : + 212 (0) 23 36 64 47. Fax : + 212 (0) 23 36 61 44.
Ici, sur la grande terrasse ombragée bordant la plage, on ne badine pas avec les choses de la table… Ahmed, le patron, toujours pressé de vous satisfaire, voit les appétits en grand : spécialités de la mer en portions pantagruéliques ! Repas : en moyenne 120 Dh (hors boissons).

À Dar Bouazza

Atlantic Beach
Plage Tamaris 1. Tél. : + 212 (0) 22 33 01 36. Fax : + 212 (0) 22 20 87 02.
Ce restaurant avec plage privée fut le tout premier de ces cabanons qui font, surtout le week-end, le bonheur des Casablancais aisés. Serge, figure emblématique des lieux, est l’un des très rares à avoir su pérenniser succès et qualité. Entrées : de 50 à 120 Dh – Plats : de 70 à 150 Dh – Desserts : de 30 à 50 Dh. Alcool. Uniquement le midi.

À voir, à faire…

La citerne portugaise à El Jadida : dans la cité portugaise. Tous les jours de 9 h 00 à 13 h 00 et de 15 h 00 à 18 h 00 (10 Dh).

La lagune de Oualidia en barque : compter 150 Dh l’embarcation pour une heure (maxi 8 personnes). Saïd connaît très bien sa lagune tout comme sa barque, « Chadïa ». Tél. : + 212 (0) 71 76 74 10.

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