Ostréa II
On connaissait l’Ostréa du port de pêche de Casablanca, établissement réputé pour les mémorables émois iodés qu’il procure. On connaissait bien également, pour s’y être maintes fois laissé tenter, le parc à huîtres 007 de la lagune de Oualidia, où l’on a désormais le bonheur de compter avec l’Ostréa II, l’hôtel restaurant qui jouxte le centre de production ostréicole.
À l’écart de la partie surpeuplée du lagon, du moins à la belle saison, l’Ostréa II s’intègre idéalement au cœur d’un éden naturel dont la richesse faunistique constitue à elle seule une raison suffisante pour s’y attarder. Si les cent vingt tonnes de production annuelle se retrouvent sur les meilleures tables du royaume, il serait cependant vain d’aller chercher ailleurs ce que l’on trouve ici, dans toute sa fraîcheur, pour ainsi dire, directement du producteur au consommateur, comme une garantie pour les inconditionnels de la sacro-sainte « traçabilité ».
Que l’on aborde l’Ostréa II par voie maritime ou par le sentier côtier qui le surplombe, son architecture cubique, apparemment dénuée de recherche esthétique, pourra surprendre. Certes, la bâtisse à deux étages rappelle les sempiternelles villas qui mitent la côte ; certes, on aurait pu s’attendre à un édifice pensé jusque dans ses moindres détails pour se fondre dans le paysage. Et pourtant, le charme opère et la simplicité des lieux semble finalement la réponse adéquate à une intégration réussie dans un écosystème fragile, un environnement qui mériterait de ne subir aucune agression supplémentaire. Ainsi, à mille lieues d’un très pompeux complexe hôtelier voisin sorti « d’outre-Marrakech », le petit phare aux allures de bande dessinée au pied duquel est amarrée une barque bariolée de couleurs éclatantes, la teinte ocre rose de la façade et les allées et venues des barques de pêcheurs donnent à l’ensemble un cachet qui respire « l’authentique », pour autant que ce mot ait encore un sens.
Mais la magie du site ne saurait faire oublier la finesse des mets. Digne héritier de son père, Jacques Pinscloux est le garant autant que le continuateur d’une tradition d’excellence.
C’est donc à fleur d’eau que l’on profitera du spectacle enchanteur des oiseaux migrateurs, des pêcheurs en apnée, tout en savourant une cuisine d’une savante simplicité et qui, toujours, sait mettre en valeur les produits. On peut préférer la lumineuse salle avec ses fauteuils au velours bleu profond et son comptoir en bois vernis sombre ou la terrasse des beaux jours. Peu importe, finalement… On est ici pour faire dévotement hommage aux poissons, aux crustacés, aux coquillages. Et l’on voudrait tout goûter : loup, turbot, moules, araignées, gambas, oursins… Sans oublier évidemment les huîtres, comme celles que l’on nous a proposées, chaudes et gratinées aux amandes, aux saveurs dont on a apprécié l’équilibre parfait.
Ainsi, sous l’œil complice du chef de rang habitué au cérémonial auquel viennent s’adonner, parfois des heures durant, les amateurs de gourmandises océanes, nous avons, dans un silence de cathédrale à peine troublé par des adeptes n’en finissant plus de casser, de crocheter et de décortiquer, dégusté religieusement nos merveilles abyssales, jusqu’à ce que sieste s’en suive.
Les plus
La fraîcheur des produits
Un cadre enchanteur
Le service continu Ostréa II
Sur le parc à huîtres 007. Tél. :
+ 212 (0) 23 36 63 24/64 49 12 76.
Fax : + 212 (0)
23 36 64 53.
Web : www.ilove-casablanca.com/ostrea
Email : ostrea007
@yahoo.fr
Ouvert tous les jours. Service continu. Vente d’huîtres et visite de l’exploitation. Réservation recommandée Carte des vins et alcools. Compter entre 45 et 80 Dh pour l’entrée ;
50 Dh pour une douzaine d’huîtres creuses n°3 ; entre 70 et 145 Dh le poisson grillé ou cuisiné ; 490 Dh le kilo de homard grillé ; 40 Dh pour un dessert ; 95 Dh la bouteille
de vin blanc « Sémillant ».
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