Lahoucine AÏT EL MAHDI
Le caftan comme un bijou
Jaune, fuchsia, bleu turquoise, rouge vif…
Lahoucine Aït El Mahdi ose la couleur et sa palette
n’a pas de limites. Racines berbères, inspiration
internationale et, au final, un résultat hors norme
pour d’audacieuses élégantes. Des femmes
s’avancent drapées dans des haïks noirs.
Sous cette apparente austérité se dissimulent
des tissus aux
couleurs chatoyantes.
« Imaginez que de ce noir surgisse un pull rouge aux
motifs cachemire… C’est cette image liée
au choc des couleurs que je garde de mon enfance à
Tiznit. » Et c’est de ce choc que tout va commencer.
Lahoucine Aït El Mahdi ne se détachera jamais
vraiment de la province du Sud qui l’a vu grandir.
Il n’aura de cesse de mélanger les couleurs
et les motifs.
En 2002, il crée la surprise en intégrant
de l’écossais à sa collection de caftans.
Un pari audacieux pour une clientèle encore très
traditionnelle qui a du mal à se détacher
des lignes conventionnelles. « Je sais pertinemment
que mes modèles les plus colorés ne se vendront
pas… C’est encore trop tôt.
D’ailleurs, je travaille en grande majorité
sur commande et ce sont des choses relativement classiques
que me demandent mes clientes. Du moins la première
fois. À la troisième tenue, j’arrive
à imposer ma touche. »
À moins de 30 ans, Lahoucine Aït El Mahdi s’est
fait un nom dans
le monde de la haute
couture. Cette notoriété,
il la doit à son style : un brassage de couleurs
et de cultures. Si
sa première référence reste le monde
berbère – l’année dernière,
il présentait une collection de caftans à
dominante noire sous lesquels s’échappaient
des couleurs, intitulée « mémoire d’enfant
» –, il va également puiser son inspiration
en Inde, en Chine, en Amérique latine… «
Cela me permet de voyager tout en restant à Casablanca
». C’est là, dans son petit
atelier, qu’il crée ses modèles,
secondé de deux à cinq personnes en fonction
des tenues qui, chacune, vont demander entre dix jours et
trois mois de travail. Le temps néces-
saire pour y mettre sa touche, celle qui l’a rendu
célèbre. « Très souvent je me
fais arrêter dans la rue, dans les souks en particulier.
Les femmes connaissent mon travail. Et je vous assure que
celles qui m’interpellent n’ont pas les moyens
de s’offrir une de mes tenues. Mais elles sont toutes
au courant des
tendances. Je me souviens par exemple d’une employée
de la préfecture qui avait
adoré ma collection écossaise. » L’audace
de Lahoucine rentre peu à peu dans les mœurs.
Et certains chanceux ont même eu l’occasion
d’admirer, il y a quelques mois, la très populaire
Samira Bensaïd vêtue d’une des dernières
pièces de sa collection.
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