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Rêve de
maison Un balcon sur le Détroit
Riad Tanja
Au cœur de la médina de Tanger,
adossé aux remparts de la ville,
cet ancien riad appartenait autrefois à une riche
famille patricienne. Transformé en maison d’hôtes
et rénové dans le respect de la tradition,
il a gardé toute la séduction aristocratique
qui était la sienne
au temps des riches heures de la ville du Détroit.
Quand le contemporain dialogue avec la
tradition...
Tanger, lovée entre deux mondes,
entre deux caps, hantée par un passé légendaire
à jamais inscrit dans les mémoires…
Son charme sulfureux a inspiré des générations
d’artistes illustres et continue d’exercer ses
sortilèges chez tous ceux qui la découvrent.
Tanger, c’est aussi une baie magnifique, au pied de
collines verdoyantes, une médina bouillonnante de
vie, des villas luxueuses accrochées à la
Vieille Montagne, un port regardant sur l’autre rive
une Europe aguicheuse…
Rien d’étonnant, on l’aura compris, à
ce que Mohammed Fedal — propriétaire du légendaire
« Chez Moha », véritable institution
marrakchie — ait choisi d’y établir sa
maison d’hôtes. Jouxtant la légation
américaine, le riad Tanja offre un panorama d’une
beauté saisissante sur la ville moderne, le port,
l’horizon entre ciel et mer, la vieille ville arabe
et les quartiers mythiques du grand Socco et du petit Socco,
grouillants d’une foule curieuse, bigarrée
et cosmopolite. En contemplant ce spectacle incessant, ce
perpétuel bouillonnement, reviennent infailliblement
en mémoire les souvenirs de ceux — Delacroix,
Matisse, Saint-Saëns ou Van Dongen — qui ont
fait de Tanger leur source d’inspiration et qui, sans
nul doute, auraient trouvé au Riad Tanja un lieu
de séjour digne d’eux et de leur art.
Organisé autour d’un patio agrémenté
d’une fontaine en zelliges, l’édifice
étire verticalement ses murs épais jusqu’à
atteindre une hauteur surprenante. Plafonds de plâtre
sculpté, murs lambrissés de zelliges lumineux,
colonnes de bois richement ouvragées, la décoration
intérieure, conçue par l’architecte
Mohamed Mssefr s’inspire de la tradition hispano-mauresque.
L’escalier pavé de bejmat et rehaussé
d’une faïence éclatante conduit à
la salle de réception éclairée par
de larges baies vitrées. D’épais tapis
rouges en laine aux motifs berbères habillent les
sols. Le tadellakt ocre rouge des murs, dans lesquels ont
été aménagées des niches ornées
d’impostes saillantes en plâtre ciselé,
confère à la pièce une douceur exquise.
Moha a lui aussi participé à la mise en scène
du décor, disséminant ça et là
des gravures anciennes et des meubles chinés au cours
de ses voyages.
Il suffit de gravir quelques marches, éclairées
par d’anciennes lanternes marocaines, pour accéder
à une autre pièce, meublée de petites
tables en teck où les hôtes dégustent
la cuisine réputée du chef. Prolongée
par une terrasse donnant sur l’ancienne médina,
baignée dans une végétation luxuriante,
cette salle à manger est un cadre idéal pour
de délicieuses agapes à la lueur des bougies.
Les chambres, d’un style simple et noble, rappellent
l’atmosphère de jadis. Les meubles en bois
de cèdre dessinés par Frédéric
Butz forment un ensemble décliné en table
de chevet, bureau, armoire, coiffeuse ou méridienne.
Les jetés de lits en soie rehaussent de couleurs
vives et chatoyantes le décor épuré.
En revanche, la suite Menzah, qui donne sur les remparts,
affiche une esthétique plus foisonnante. Avec le
riche décor des plafonds et des arcades auquel s’ajoute
celui des murs et des colonnes, lambrissés de zelliges
multicolores, elle est sans conteste la pièce la
plus éblouissante du riad. Un tel lieu manquait encore
à la médina de Tanger. Qu’on le doive
à Moha est une garantie d’excellence et de
pérennité…
Simplicité des lignes, sobriété
des couleurs...
Des chambres aux vastes volumes, meublées
dans la tradition hispano-mauresque.
Des zelliges habillent chaque pièce.
La lumière, élément
essentiel du décor
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Rêve
d’hôtel Club Med
nouveau est arrivé Si le Club
Med a imposé son art de vivre et
sa philosophie aux quatre coins du monde, c’est à
Marrakech que s’illustre le mieux sa récente
montée en gamme. Le concept est nouveau :
il s’articule autour de deux villages et d’un
riad, soit trois espaces différents pour un même
site.
De quoi tordre le cou à toutes les idées reçues
liées à la réputation du voyagiste au
Trident…
n îlot de verdure s’étire
entre la Koutoubia et la place Jemâa El Fna, une sorte
d’oasis en bordure de la médina, face à
l’alignement des calèches vertes emblématiques
de Marrakech. Ce n’est pas l’un des nombreux parcs
et jardins qui oxygènent la ville, mais tout simplement
le Club Med. La présence de l’eau s’impose
dès l’entrée : piscine à droite,
fontaine à gauche. Un luxe en pleine ville…
À la réception, les GO accueillent les GM. Ce
sera, pendant le séjour, quasiment la seule allusion
à la fameuse dichotomie chère à Albert
et Serge Trigano. L’esprit est ouvertement à
la convivialité, qui a toujours été,
est et demeurera la qualité première que l’on
vient chercher au Club Med. Mais les villégiateurs
ne veulent plus avoir le sentiment de jouer un remake des
Bronzés. Qu’à cela ne tienne, le Club
Med s’adapte, évolue, se transforme. Et propose
une vision novatrice, propre à séduire tous
les types de vacanciers… ou presque. Certes, il y aura
toujours des irréductibles ; mais même ceux-là
devraient aisément trouver ici leur compte !
Il s’agit donc d’un Club Med trois en un, composé
en centre ville du village « La Médina »,
récemment rénové, de
« La Palmeraie » dans le quartier éponyme,
qui vise — et atteint — le haut de gamme, et du
« Riad », également dans la palmeraie,
un magnifique lieu de réception dont le très
haut standing est aisément comparable à celui
d’un Relais & Châteaux.
Le village « La Médina » présente
le double avantage d’être idéalement situé
aux abords de la médina et de ses souks -- summum de
l’exotisme pour nombre de vacanciers -- et d’offrir
un confort appréciable. Le village est conçu
sur le plan simplifié d’une médina miniature
et la décoration d’inspiration mauresque est
sobre, tout en mettant largement en valeur les matériaux
locaux (plafonds en bois sculpté, tadellakt, moucharabieh,
tataoui…). Les chambres, simples, sont prolongées
par une spacieuse salle de bains en bejmat et zellige. Même
style pour le restaurant « L’Oliveraie »
dont la terrasse est particulièrement prisée
été comme hiver. Autre intérêt
du village : le bar à ciel ouvert qui offre un panorama
rarement égalé sur la Koutoubia, la place Jemâa
El Fna et le dédale de la médina. Un privilège
inestimable qui sera bientôt offert à la clientèle
extérieure.
Mais la véritable innovation est de permettre aux vacanciers
de profiter pleinement des deux villages de Marrakech. On
peut donc loger à « La Médina »
et passer la journée à « La Palmeraie
». Ce site, nettement plus vaste que celui du centre-ville,
est aussi très luxueux. Conçu par l’architecte
Didier Lefort à l’image d’un immense palais
andalou, et aménagé par la paysagiste Isabelle
Linski, « La Palmeraie » ne peut que ravir les
esthètes, les adeptes du bon goût et tous ceux
que l’élégance est loin de laisser indifférents.
Perspectives et volumes sont savamment étudiés
: prenez le temps d’apprécier la magnifique enfilade
d’arcs qui, partant du hall de réception, se
prolonge jusqu’aux monumentales baies vitrées
du restaurant principal en longeant une séguia bordée
de végétation. Installez-vous dans l’un
des nombreux salons et alcôves à la marocaine
aménagés le long des galeries, autant d’espaces
intimes qui invitent à la discussion, à la lecture,
ou tout simplement à la contemplation. On est loin
des paillottes sommaires de la préhistoire du Club…
Loin également de cet esprit un rien boy-scout qui
prévalait autrefois. Finis, les cours de gym que l’on
suit presque à contre-cœur sous peine de devenir
un parangon du ridicule. Aboli, l’esprit de suivisme
tacitement exigé dans la plupart des clubs de vacances.
Non, ici, le « villageois » n’est pas contraint
à la vie collective, peut s’isoler même
à la piscine, dont le plan géométrique
réussit le pari de transformer un espace naturellement
propice à la promiscuité en une succession d’espace
intimes. Et pour les adeptes des vacances intelligentes, cours
d’arabe, leçons de cuisine marocaine, conférences
culturelles, danse orientale ou ateliers de peinture à
l’encre offrent des parenthèses aussi enrichissantes
que ludiques. D’ailleurs, il y a fort à parier
que ces distingués vacanciers, de plus en plus nombreux
au Club Med, opteront pour un séjour au Riad, la troisième
composante très chic du site de Marrakech. Chic, c’est
peu dire…
Situé à l’écart des lieux d’animation,
Le Riad entend satisfaire tous les critères d’une
confortable maison d’hôtes. Le maître des
lieux, l’Italien Carlo Gentili, réserve un accueil
personnalisé à chaque hôte, avec une lettre
de bienvenue nominative placée sur le lit et un cocktail
informel autour de la piscine privée, exclusivement
réservée aux hôtes du Riad. Conçu
par l’architecte Serge Attala et décoré
par Jonathan Amar, Le Riad répond parfaitement à
la volonté du Club Med d’offrir des prestations
de qualité supérieure. C’est une première
et Le Riad est d’ores et déjà hors catégorie
dans le classement des villages : quatre tridents ne suffiraient
pas. Le but : reconquérir une clientèle perdue
faute d’avoir su satisfaire à ses exigences de
confort.
La philosophie : se sentir chez soi, sans contrainte de participation.
D’ailleurs, aucune animation n’est proposée
dans l’enceinte même du Riad, rien n’empêchant
par ailleurs de participer à celles du village. Seul
le piano à queue se déplace le soir près
de la piscine pour faire résonner quelques notes de
musique, égrenées par un pianiste logé
en résidence d’artiste.
On accède au Riad par deux portes en bois massif qui,
comme par enchantement, s’ouvrent dès l’arrivée
du visiteur. Tout de pisé revêtu, il abrite des
chambres spacieuses dotées d’une terrasse ou
d’un jardin privatif -- avec salon, transats et douche
--, ainsi que d’un petit salon privé, d’un
dressing et d’une salle de bains lumineuse et confortable.
Les volumes sont généreux et la décoration,
qui fait appel aux plus beaux matériaux locaux, est
particulièrement soignée…
L’hôte peut à loisir lézarder au
soleil, observer le ballet des canards qui, duvet contre duvet,
déambulent le long des séguias, prendre un verre
ou se restaurer près de la piscine -- une carte de
restauration froide est proposée toute la journée
-- ou passer un moment, qu’il jugera sans doute trop
court, dans le salon-bibliothèque garni de romans et
surtout
d’une kyrielle de beaux-livres sur le Maroc.
Il peut aussi -- ou plutôt, doit, sous peine de violents
remords -- passer un sublime moment au spa Cinq Mondes. Ce
centre de bien-être, dont les soins ont été
imaginés par Jean-Louis et Nathalie Poiroux, assistés
d’une équipe de médecins, est spécialisé
dans les protocoles de soins naturels inspirés des
rituels de bien-être
de divers pays du monde. Le hammam en marbre blanc est un
vrai hammam avec trois salles à température
variable. La salle de repos, une large galerie baignée
de lumière, entoure un bassin régulièrement
investi par des canards aussi élégants que l’espace
qui les héberge, et se termine de part et d’autre
par deux cabines de massage en plein air dissimulées
derrière de hautes tentures écrues. On est là
entre ciel et eau, dans un cocon végétal que
l’on aimerait toucher du doigt.
Outre ses particularités architecturales, le spa Cinq
Mondes brille par l’originalité et l’excellence
de ses prestations. Gommages, massages,
bains de fleurs, enveloppements rafraîchissants, les
soins débordent d’inventivité… et
de professionnalisme. Le surprenant Gommage éclat «
Purée de papaye » est un pur bonheur, le Massage
balinais est en passe de devenir un must et, que vous en soyez
addict ou non, réservez coûte que coûte
le fameux Massage ayurvédique. À moins d’opter
encore pour un autre moment d’exception : le Ko Bi Do,
un rituel impérial de jeunesse tout droit venu du Japon
et aux résultats spectaculaires. Une façon insolite
de parcourir les cinq continents tout en se sentant hors du
monde…
texte Carole Belahrach
Photos Mathieu Gast
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