Simohamed LAKHDAR
Inspirations Africaines
Jeux de transparences
et jeux de superpositions des matières et des couleurs,
passementerie, broderies, le tout associé à
une paire de jean’s ou de tongs... Ces tuniques -
des tenues traditionnelles revisitées par Simohamed
Lakhdar pour sa nouvelle ligne de prêt-à-porter
« Mahe-me » -, feront, à n’en pas
douter, fureur sur les plages les plus en vogue de l’été.
Il y a du fuchsia, du turquoise, du jaune,
de l’orange… Les défilés de Simohamed
Lakhdar sont des bouquets de couleurs joliment enru-bannés
dans la soie, le velours et les dentelles. À hacune
de ses col-lections, il ajoute sa touche très personnelle,
puisée dans un héritage parfois oublié.
En 2002, lors de l’édition de « Caftan
», il présente ses premières tenues,
inspirées par
les zelliges. En 2003, il choisit de mettre en avant le
brocart. « J’aime fouiner dans la médina
de Fès, elle recèle des trésors endormis,
des savoir-faire inexploités. C’est ainsi que
dans une ruelle, j’ai découvert un atelier
de tissage tenu par de vieux messieurs. Ils y faisaient
des brocarts ! Je pensais que cet art avait disparu ».Ainsi,
ces riches tissus de soie, rehaussés de motifs brodés
en fils d’or et d’argent, furent remis à
la mode. C’est toute une corporation qui a resssuscité
grâce à un seul défilé. Le petit
atelier de la médina ne produisait plus qu’en
quantité réduite pour les « ngafa »,
les marieuses traditionnelles, croule aujourd’hui
sous les commandes venues du Moyen-Orient, de Tunisie, et
d’Europe.
En 2004, Simohamed Lakhdar s’inspire d’un autre
héritage : celui de la culture berbère. «
Nous sommes tous un peu berbères au Maroc, même
moi qui suis de Fès ! ». Il s’approprie
alors les signes, habi-tuellement tissés en fil de
laine, et les brode en fils de soie sur du satin, de la
mousseline et du velours. Les ceintures sont ornées
de paillettes berbères en lamé or. Le résultat
surprend les puristes et enthousiasme le grand public. Les
recherches de Simohamed Lakhdar l’ont mené
jusqu’en Afrique subsaharienne, où il a découvert
que certains signes berbères apparaissaient dans
les tapis. Son thème pour 2005 est tout trouvé
: ce sera l’Afrique. Il y asso-ciera une matière
nouvelle pour lui : le cuir. Le défi n’est
pas simple à relever, en particulier pour les passementiers
confron-tés à un matériau qu’ils
ont peu l’habitude de manier. L’année
2005 marque aussi un tour-nant dans la carrière
du jeune styliste. En partenariat avec Meriem Benamour,
il lance une ligne de prêt-à-porter : «
Mahe-me », by Simohamed Lakhdar. Une ligne entièrement
confectionnée à la main qui associe, tout
comme la haute-couture, broderie et passementerie. Les étoffes,
mousseline, satin, soie,lin, coton ou velours, servent de
support à des motifs qui puisent une fois encore
leurs sources dans l’art africain.
En quatre ans, Simo-hamed Lakhdar a trouvé sa place
dans le monde très fermé de la haute couture…
S’inspirant des techni-ques et savoir-faire traditionnels,
il a enrichi son propre travail de création. Pour
faire rêver les femmes…
texte : Aurore Chaffangeon
photos : Youssef Boudlal
pour Femmes du Maroc