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Mille et une nuits








Dar Baraka Karam
Une savante simplicité

Amoureux du luxe vulgaire
ment clinquant, passez votre chemin, rien ici ne saurait vous contenter ! Dar Baraka Karam n’est pas de ces maisons d’hôtes où la forme l’emporte sur le fond. Bien au contraire. Dar Baraka Karam, c’est l’étape dont rêve le voyageur blasé : une oasis harmonieuse et distinguée au beau milieu de la labyrinthique médina de Marrakech.
Ce riad du XIXe siècle, situé près de Dar El Bacha, a récemment ouvert ses portes. Restauré par Abdellatif Aït Ben Abdallah – ardent défenseur du patrimoine marrakchi à travers Marrakech Riads –, Dar Baraka Karam irradie une simplicité reposante et rassurante. Reposante par ses lignes épurées et une quasi-monochromie, à peine animée de quelques touches vives ; rassurante par la grâce de ses deux hôtesses, Reda et Meryem. Reda connaît tout du riad qu’elle a un plaisir non feint à faire découvrir au visiteur. Elle s’enquiert des préférences des uns et des autres, propose telle chambre plutôt que telle autre, invite le visiteur à déguster un thé à la menthe. Meryem, elle, veille à la préparation des plats traditionnels – goûtez la succulente salade de carottes aux raisins secs ! – et au service. Toujours souriante, elle sait tour à tour être présente ou s’effacer.
Les effluves de la menthe emplissent le patio, mêlés à un envoûtant parfum d’encens. Au centre du patio, un damier de zelliges blanc et gris pâle encadre la fontaine minimaliste, au milieu de laquelle trône une boule de marbre blanc. L’eau laisse échapper un léger murmure, juste assez pour rappeler sa présence. Les deux oliviers au feuillage brillant apportent la touche végétale sans laquelle un patio devient vite inanimé et banal. Les piliers blancs s’élèvent vers le carré d’azur strié de lais de toile écrue. Seule une frise aux couleurs passées ponctue leur mouvement rectiligne.
Comme dans l’ensemble du riad, le dess uni qui recouvre le sol est relayé par le tadellakt uni sur les murs. L’unité de tons – blanc, gris pâle, ivoire – de matériaux – dess, tadellakt, zellige – et de matières – voile, sabra – confère au riad une vraie noblesse. Les huisseries gris pâle sertissent des vitres émaillées de vitraux orange, couleur que l’on retrouve par petites touches dans
les fins voilages du salon marocain aux tlameds aubergine et or.
Empreintes de la même élégance, les chambres sont simplement décorées. Même les salles de bains ont fait vœu de sobriété : tadellakt uni du sol au plafond, du lavabo à la douche, égayés le soir venu de bougainvillées disposées sur les serviettes blanches pliées en lotus...
Marrakech Riads propose d’autres riads, tout aussi charmants et authentiques : Riad El Jazira et son somp-tueux bassin intérieur, Dar Baraka, qui communique par la terrasse avec Dar Baraka Karam, Dar Sara et Dar Sara Srira – ainsi qu’un restaurant marocain traditionnel, Dar Zellige, qui à lui seul vaut le détour.

Dar Baraka Karam
18, Derb Halfaoui, Bab Doukkala, Marrakech, Médina
Tél./Fax : 00 212 (0) 44 38 52 79.
reservation@marrakech-riads.net
www.marrakechriads.net
4 chambres doubles : 750 Dh, 1 chambre single : 450 Dh.
Riad entier : 3 300 Dh.
Petit déjeuner inclus (+ 20 % en haute saison)
Dîner : 180
ou 300 Dh (hors alcool).

Les plus
Sa facilité d’accès
L’unité de tons très reposante
Sa jolie terrasse

La Villa Joséphine
En souvenir des années d’or...
Par Alexandre Villegruau - Photos Mathieu Gast
Entre Tanger et le cap Spartel, une route sinueuse monte à l’assaut d’un vaste promontoire boisé : le Jbel el Kebir,
plus communément appelé la Montagne. Oubliés, le grouil-lement de la médina, la fièvre des quais, la cohue klaxon-
nante du Grand Socco et du boulevard Pasteur, pourtant si proches… Là n’est que paix ombragée, silence bruissant d’oiseaux, ruissellement
d’hibiscus et de bougainvillées, parfums de roses et d’orangers, ou bien d’eucalyptus.

On est entré dans un autre univers, un paradis secret, qui pourrait bien être le dernier vestige de ce que fut le Tanger des années d’or, celui des milliardaires baroques, des stars fastueuses, des financiers interlopes et des diplomates comploteurs.
Aucun panneau n’indique la Villa Joséphine, et c’est tant mieux. Une telle adresse doit rester l’apanage d’un cercle d’initiés. Au tournant d’une route minuscule et vagabonde, entre jardins devinés à travers une grille et demeures cossues entraperçues à l’ombre des palmiers, un portail ouvre ses battants sur une allée d’arbres voûtée. Une courbe légère, et c’est l’éblouissement : façade blanche, lignes pures, classicisme sobre, la vieille demeure se dresse au fond d’un parc lumineux et fleuri. En fond de décor, au bout d’une perspective aménagée entre les arbres, la kasbah de Tanger, la baie et parfois, quand se dissipe la brume de beau temps, le rocher de Gibraltar… La Villa Joséphine n’est ni un dar ni un riad. Son architecture coloniale évoque plutôt on ne sait quel parfum de Louisiane, on ne sait quel fantôme de Scarlett O’Hara… Construite au tout début du siècle dernier par un amoureux fou du Maroc, le journaliste anglais Walter Harris, correspondant du « Times », rachetée par le duc de Tovar, Grand d’Espagne et mécène de Tanger, elle fut la dernière résidence d’été du Glaoui, pacha de Marrakech. Il est difficile de croire aujourd’hui qu’en 2002, date à laquelle les actuels propriétaires l’ont acquise, elle était abandonnée depuis quarante ans, et que rien, ni son parc devenu terrain vague ni la ruine imminente dont elle était menacée, ne rappelait sa splendeur passée.
Plus de deux ans de travaux ont été nécessaires pour faire renaître l’une des plus belles demeures de la Montagne, avec un parc entièrement redessiné, une piscine belvédère, de grandes terrasses, deux salles à manger, dont une privative, un bar, une bibliothèque, un salon, dix chambres et suites lumineuses, de vastes salles de bains.. La décoration est celle d’une maison de famille, de très vieille famille : murs lambrissés, hautes cheminées, meubles européens anciens, bibelots précieux, natures mortes et portraits de style flamand ou victorien. Les touches maro-caines ne sont pas absentes mais se font discrètes : ici un tapis, là un tableau orientaliste, ailleurs encore un coffre. Rien de choquant dans cette rencontre entre l’Europe et l’Afrique, qui restitue l’élé-gance cosmopolite du Tanger d’autrefois « La maison a été très coopérative », sourit son propriétaire. « Tout y a trouvé naturellement sa place ». Et il est vrai que l’on cherche en vain l’erreur, la fausse note. On peut l’affirmer sans risque d’être contredit : en moins
d’un an, la Villa Joséphine s’est imposée comme l’adresse la plus luxueuse et la plus raffinée de Tanger…

Les plus
Une situation et une vue admirables.
Une atmosphère de maison d’hôtes avec le service d’un palace.
Une table exceptionnelle.

Villa Joséphine
231, route de la Vieille Montagne, Sidi Masmoudi, 90 000 Tanger
Tél. : 00 212 (0) 39 33 45 35. Email : villajosephine@
villajosephine.ma
Tarifs basse saison (du 01/10 au 14/12 et du 16/01 au 30/O4) :
chambres doubles et junior suites de 2 200 à 3 800 Dh, Suite « King Size » 4 800 Dh.

Tarifs haute saison : chambres double et Junior suites de 2 440
à 4 220 Dh, Suite « King Size »
5 300 Dh.

Dîners à la carte : entrées de 90 à 190 Dh, plats de 190 à 240 Dh, desserts 90 Dh. Repas marocains sur commande : 220 Dh.
Vins marocains de 180 à 450 Dh, vins français de 290 à 720 Dh.

 

 

 

 

Par : Iman Sorhaz
Photos :Antoine Armanet