Elle
aurait pu trop en faire : un nom long comme celui d’une
héroïne de roman, une silhouette à la Katherine
Hepburn, du piquant, un joli sourire et le sens de la répartie…
Mais c’est en toute discrète élégance
qu’Inès de la Fressange, évinçant
d’un coup de hanche les tops sportives ou sulfureuses
des années 80, est devenue, pour la maison Chanel dont
elle fut durant une décennie l’incarnation et
l’égérie, le premier mannequin star de
l’histoire de la mode. Et si la rupture entre celle
que l’on avait baptisée « le mannequin
qui parle » et l’illustre maison de haute couture
fit toutes les unes de la presse people, si après avoir
lancé sa propre griffe en 1994, elle fut dépossédée
de son nom pour n’en retrouver l’usage que huit
ans plus tard au terme d’une fracassante bataille juridique,
ce ne fut que pour en ressortir plus épanouie et créative.
Car entre deux consécrations nationales - son buste
de Marianne en 1989 et la parution de son autobiographie,
« Profession Mannequin », en 2002 - Inès
de la Fressange s’est créé un havre de
bonheur auprès de son mari et de leurs deux filles,
Nine et Violette, et est aujourd’hui une styliste et
décoratrice reconnue, directrice de la maison Roger
Vivier à Paris. Ce n’est pas sans une pointe
de nostalgie qu’en répondant à nos questions,
elle s’est remémorée un voyage romanesqueau
Maroc avec sa grand-mère, grande amie du Maréchal
Lyautey…..
Nom et prénom ?
Ines, Marie, Laetitia, Églantine, Isabelle de Seignard
de la Fressange d’Urso
Lieu de naissance ?
Saint-Tropez
Mariée ? Des enfants ?
Oui, nobody is perfect
Deux filles, Nine et Violette (11 et 5 ans)
Profession ?
Directrice communication et style
Qu’aimez-vous le plus au Maroc ?
La pastilla
Qu’aimez-vous le moins ?
Certains produits pour les touristes vendus dans les souks
Qu’aimez-vous le plus chez les Marocains ?
Leur sourire
Qu’aimez-vous le moins chez eux ?
Quand une femme est trop occupée par son travail, ils
ne l’appellent plus "Gazelle" mais "Gaz-oil"
!
Votre ville préférée ?
Fès
Vos paysages préférés ?
L’Atlas. Ouarzazate aussi…
Le lieu qui symbolise le mieux le Maroc ?
La place Djema El Fnaa : grande, ouverte avec toujours une
belle lumière.
Le lieu au Maroc où vous pourriez vous installer pour
toujours ?
Inch’Allah ! il n’y a aucun lieu où l’on
puisse s’installer pour toujours : nous sommes mortels.
Votre meilleur souvenir au Maroc ?
La visite de la maison de Lyautey avec ma grand-mère
qui l’a bien connu et était visiblement émue
d’y revenir. Je faisais partie malgré mon jeune
âge (13 ans) d’un voyage organisé par le
Conseil général de la Meuse, ma grand-mère
avait aussi invité Edmée de la Rochefoucauld,
grande dame de la littérature française, c’était
un voyage très romanesque...
Le mot qui symbolise le mieux le Maroc ?
Hop ! (amour)
Votre personnage historique marocain favori ?
La princesse Lalla Salma
À quelle époque de l’histoire marocaine
auriez-vous aimé vivre ?
La première partie du XIe siècle.
Quel aspect de la culture marocaine admirez-vous le plus ?
L’artisanat. J’ai aussi une passion pour l’architecture
en terre des fermes marocaines.
Une adresse au Maroc où dîner en tête-à-tête
amoureux ? L’hôtel Caravanserail, en dehors de
Marrakech.
Une adresse au Maroc où dîner entre amis ?
Un pique-nique sur la plage d’Essaouira
Votre plat marocain préféré ?
La pastilla ! mmmhhh…
Si le Maroc était une saveur ?
L’orange, désaltérante et pleine de calcium.
Si le Maroc était une odeur ?
L’ambre : riche, intense, antique, oriental.
Si le Maroc était une couleur ?
Orange comme le fruit.
Si le Maroc était un bruit ?
Celui du muezzin le matin.
Si le Maroc était un toucher ?
La peau tannée, le cuir.
Si le Maroc était un objet ?
Une belle poterie.
Si le Maroc était une femme ?
Oum Kalsoum : adorée, universelle, spirituelle.
Si le Maroc était un homme ?
Gad Elmaleh : drôle, beau, intelligent et charmant.
Si le Maroc était un animal ?
Le lion : royal, beau, paisible.
Votre écrivain marocain préféré
?
Tahar ben Jelloun.
Le plus beau livre écrit sur le Maroc par un Occidental
?
Les textes de Rimbaud.
Votre peintre marocain préféré ?
Brahim Bachiri.
Votre peintre orientaliste occidental préféré
?
Eugène Delacroix, dont j’ai eu la chance de voir
les carnets de voyage lors de mes études au Louvre.
La question que vous auriez aimé que l’on vous
pose sur le Maroc ?
Vous partez quand pour Marrakech ?
texte Delphine rateau |