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Cinq
petits drapeaux rouges : telle sera la quête quotidienne
des Gazelles, avec pour seules aides des outils de navigation
traditionnelle et leur bon sens. Aux oubliettes le GPS…
Il leur faudra se débrouiller avec leur carte, leur
compas et leur boussole. Rien ne leur sera épargné
: cordons de dunes, herbe à chameau, cailloux tranchants,
le tout sous un soleil de plomb.
Depuis douze ans, près de 650 Gazelles ont arpenté
le désert, en 4x4, camion, quad et moto. Elles sont
avocates, banquières, mannequins, comédiennes,
médecins, officiers de police, postières, professeurs,
secrétaires, pharmaciennes, œnologues... Elles
ont de 18 à 62 ans. Elles viennent d’Algérie,
d’Allemagne, du Canada, d’Espagne, de France,
d’Italie, du Liban, du Maroc, de Palestine, de Suède,
de Suisse… Le Rallye Aïcha des Gazelles est devenu
une épreuve internationale unique en son genre.
Évidemment né de l’imagination d’une
femme, Dominique Serra, le Rallye ouvre aux femmes les portes
d’un univers traditionnellement réservé
aux hommes : le sport automobile.
Cette compétition est basée exclusivement sur
la navigation, jamais sur la vitesse. Loin des repères
habituels, cette quête incessante des balises devient
très vite pour les Gazelles une quête d’elles-mêmes.
Elle met en exergue leur talent de navigatrices, leur faculté
d’adaptation et leur combativité.
« Le Rallye des Gazelles correspond à un vrai
parcours initiatique. Il faut savoir résister à
la fatigue, s’adapter à des situations inhabituelles,
apprendre à communiquer et à coordonner ses
actions avec sa coéquipière, vivre en communauté,
avoir l’obligation d’être naturelle, sans
maquillage. C’est aussi, pour ces femmes, la possibilité
d’explorer leur côté aventurier, de tester
leur courage, leur résistance, de faire « sans
homme », de revendiquer une vraie autonomie »,
explique Christine Le Scanff, professeur en psychologie à
l’université de Reims et présente sur
le Rallye en 2001. |