Leçon de choses…
Sommes-nous condamnés à vivre dans
un monde sans saveurs ni odeurs ? Le vivant ne serait-il
plus que le jouet de la technique ? Grâce à
Jalil Belkamel et à son fabuleux jardin bio-aromatique,
l’avenir nous apparaît plus clair, aussi
naturel qu’une plante aromatique, aussi essentiel
que l’huile qui en est extraite. Encore s’agit-il
d’observer et de recueillir ce que le règne
végétal nous offre à portée
de main…
Alors que nous pensions parler protocoles de distillation
et gamme de produits, la discussion s’ouvre
d’emblée sur le sens de la vie, la communication
entre les êtres, les enjeux de la bio-diversité,
la musique… Sans jamais brouiller les pistes,
Jalil, entre deux éclats de rire, nous conduit
ainsi sur le terrain qui le passionne, celui des secrets
de la nature par l’intermédiaire des
plantes : « Prends une huile essentielle de
lavande aspic aux vertus cicatrisantes et sédatives,
recrée-la en laboratoire… Elle aura le
même aspect, la même odeur, à ceci
près qu’elle aura perdu toutes ses propriétés.
Pourquoi ?
Il existe un phénomène vibratoire moléculaire
constitutif de la plante et, par extension, partagé
par tout être vivant. » On ne triche pas
avec le réel, qu’il soit végétal
ou humain. D’ailleurs, « ne dit-on pas
d’une personne, sans pour autant la connaître,
qu’on peut ou qu’on ne peut pas a priori
la sentir ? Les êtres dégagent un parfum,
une odeur subtile que le subconscient capte ».
La relation intime entre les êtres vivants ne
peut se résumer à quelques équations.
Demeure une part de mystère « et, d’une
certaine façon, tant mieux, quelque part je
préfère rester sur ma faim ».
La nature ne fait donc rien en vain. Le cycle des
saisons nous donne les fruits et les légumes
dont nous avons besoin. Les parasites des cultures
jouent aussi leur rôle. La forme d’un
arbre n’est pas non plus fortuite : le cyprès,
par exemple, s’élance longiligne et la
sève est littéralement propulsée
vers le haut depuis ses racines. C’est sans
doute pourquoi son huile essentielle, appliquée
à l’homme, est très efficace pour
le drainage veineux. Les couleurs ont également
un sens, produisent certains effets : le vert est
réputé relaxant, le mauve, lui, est
attaché au spirituel.
C’est ainsi que Jalil le Marrakchi, éternel
enfant devenu pharmaco-chimiste, docteur en sciences
de la vie et de la santé, phyto-aromathérapeute,
professeur à la faculté des Sciences
et Techniques de Marrakech, diplômé d’un
master en informatique industrielle et en qualité
et, bien sûr, jardinier, nous aide à
comprendre son univers. C’est avec son frère
Fattah, lui aussi pharmacien, qu’il a créé
en l’an 2000 son jardin-sanctuaire de plantes
aromatiques et médicinales, à 840 mètres
d’altitude, au début de la vallée
de l’Ourika. De toutes les plantes qu’ils
y cultivent avec le soin des herboristes experts qui
savent rentrer en connivence avec les fragiles complications
du règne végétal, seront extraites
des huiles essentielles issues de l’agriculture
biologique ainsi qu’une kyrielle de produits
cosmétiques commercialisés sous la marque
« Nectarome » et utilisés également
sur place, au hammam, au spa ou dans l’espace
d’esthétique et de phyto-aromathérapie
spécialement aménagé. Jalil précise
qu’il n’invente rien : il améliore,
valorise, expérimente et actualise ce qui était
déjà connu des anciens, eux qui vivaient
dans une grande proximité avec la nature et
en avaient découvert nombre des infinis secrets.
Cet hectare d’un laboratoire de recherche naturelle
à ciel ouvert, conçu selon les règles
du Feng-Shui, et que l’on visite pieds nus —
et parfois même les yeux bandés... —
est autant un lieu de découverte pour les visiteurs
venus sentir, toucher, froisser, goûter, qu’un
outil pédagogique unique : un conservatoire
vivant et pleinement ressourçant qui nous rappelle
l’atmosphère du jardinet de grand-mère
; une invitation à un voyage sensoriel où
l’on découvre en pratique que les plantes
et leurs parfums jouent un rôle physiologique
et psychologique majeur chez l’homme, un voyage
quasi initiatique au terme duquel prendra sens ce
que Jalil avait commencé par nous dire : «
Plus on développe l’odorat, plus on développe
ses capacités d’amour ».
Les missions du jardin bio-aromatique
de l’Ourika
Le Jardin bio-aromatique de l’Ourika s’est
donné plusieurs objectifs pour explorer le
monde des plantes aromatiques et faire découvrir
à ses visiteurs leurs vertus thérapeutiques.
1.- La culture des plantes aromatiques : phytothérapie,
agriculture biologique et vulgarisation. 2.- La distillation
: huiles essentielles, aromathérapie et produits
de bien-être.
3.-Recherche & développement : caractérisation
des plantes aromatiques et médicinales et de
leurs huiles essentielles, acclimatation des nouvelles
espèces. 4.- L’écotourisme : découverte
des plantes aromatiques, développement du tourisme
vert, ateliers pratiques (élaboration de repas
thérapeutiques…). 5.- L’éveil
: formation et sensibilisation à
la protection de la nature, ateliers divers (espace
sieste, le carré pédagogique, espace
relaxation des jambes, centre d’aromathérapie
et de cosmétique naturelle, massages…).
Nectarome : produits de bien-être
100% naturels
Masques, huiles de visage ou de bain, sels de bains
marins, gels douche, shampooings, savons, henné,
ghassoul, et plus de cinquante huiles essentielles
pures. Les huiles végétales sont toutes
pressées à froid parmi lesquelles le
produit star, l’huile d’argane pourvues
de qualités cosmétiques et nutritionnelles.
L’huile de nigelle, moins connue, soulage les
irritations cutanées. L’huile de noyau
d’abricot se fait antirides. Celle d’amande
douce atténue les vergetures, celle de lin
cicatrise les plaies et soigne les brûlures.
L’huile de noix prévient les accidents
cardio-vasculaires… Tous les produits enfin
sont conditionnés avec un raffinement extrême.