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Itinéraire d’un musicien du monde
Marouan Benabdallah

Musicien à la virtuosité stupéfiante, Marouan Benabdallah poursuit une prestigieuse carrière internationale. On l’a vu se produire aux États-Unis, en France, en Chine, en
Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse, en Inde ou en Hongrie, interprétant Bach, Haydn, Schubert, Debussy, Ravel, Rachmaninov, Liszt, Saint-Saëns ou Bartók…


TEXTE CORINNE VERNER
PHOTOS DR



Comment est née votre vocation?
Ma mère, professeur de musique, donnait ses cours d’éveil musical et de piano à la maison. Je me suis donc enthousiasmé très tôt pour cet instrument, dès l'âge de trois ans. Un an plus tard, elle me donnait mes premières leçons. Mais je dois dire qu’aujourd'hui je me sens davantage musicien que pianiste. La musique n'est pas simple question d'instrument.À travers les émotions qu’elle fait naître, elle communique des pensées que je pourrais tout aussi bien exprimer avec le violon, le violoncelle ou la clarinette, si je savais en jouer. Cela dit, le piano est pratiquement l'instrument le plus complet dans la mesure où il peut reproduire une grande palette de sonorités et de couleurs.

Né à Rabat en 1982, vous quittez le Maroc à l’âge de 13 ans pour aller étudier la musique en Hongrie, au Conservatoire Béla Bartók, puis à l'Académie Franz Liszt de Budapest. Pensez-vous que vous auriez pu vous distinguer en n’étudiant qu’au Maroc ?
Il y a toujours eu des conservatoires et des cours de piano privés au Maroc. Mais je pense que cela n'aurait pas suffit et que cela ne suffirait toujours pas. À un moment donné, il est nécessaire de partir à l'étranger, ne serait-ce que pour des stages ou des master-classes. Grâce à la multiplication récente, au Maroc, des conservatoires privés, et au retour de jeunes ayant étudié à l’étranger, je pense que le niveau ne fait et ne fera que s'améliorer. Mais l'accès à la musique continue de nécessiter des moyens considérables : il faut s'acheter un instrument, payer les cours…

Préférez-vous jouer en récital ou en concerto ?
Les récitals sont vraiment particuliers en ce sens que je suis seul sur scène, et pour une longue durée. Je dois créer une expérience émotionnelle, très personnelle. C’est la meilleure façon de montrer qui je suis comme musicien. Quand je joue un concerto, je suis l'invité de l'orchestre et du chef d'orchestre. Mon rôle se limite à celui de soliste du concerto. Mais jouer avec un orchestre est toujours un moment de joie immense !

Quelle est la plus grande émotion de votre carrière ?
J'ai joué il y a tout juste deux semaines au Carnegie Hall de New York, devant une salle comble. Il faut savoir que le Carnegie est un peu comme Pleyel à Paris, en plus international et donc en plus prestigieux... Le summum en terme de salle de concert ! Or je me souviens qu’il y a six ans, lorsque je suis allé pour la première fois à New York et que je suis passé devant cette salle mythique, j’ai pris à partie l’ami qui m’accompagnait : « Tu sais, si je parvenais à jouer ici, ce serait un grand jour ! ». Six ans plus tard, j'y étais, avec le plaisir supplémentaire de recevoir une très bonne critique dans le New York Times. Et ce n'est pas fini... Le 24 juillet prochain, lors de la clôture du festival de Castleton, je joue le 3e concerto de Prokofiev avec le célébrissime maestro Lorin Maazel. En octobre, je joue au Teatro Colon de Buenos Aires, qui est l'un des plus beaux et des plus grands théâtres du monde et, en novembre, je suis attendu au Kennedy Center de Washington ! Donc non, ce n’est pas fini !…

Agenda
Marouan Benabdallah se produira comme soliste, sous la direction de Lorin Maazel, au concert final du Castleton Festival, aux États-Unis, le 24 Juillet 2011. Pour ceux qui ne pourraient s’y déplacer, le concert sera enregistré et retransmis par la radio classique de Washington : www.weta.org. On le verra également se produire en France, à Mezières-en-Brenne,
le 2 juillet 2011, en Argentine à Buenos Aires le 6 octobre 2011 et aux États-Unis encore, à Washington, le 5 novembre 2011.

Discographie
DVD live, enregistré à l’Académie Franz Liszt de Budapest (2007)
Rachmaninov : concerto pour piano n° 2, op. 18. Orchestre symphonique Danubia. Direction Tamas Gal.
DVD live, enregistré à l’Académie Franz Liszt de Budapest (2009)
Haydn : sonate en ut majeur, Hob. XVI/50.
Debussy : Images II.
Scriabine : Fantaisie en si mineur, op. 2.
Rachmaninov : concerto pour piano n° 3, op. 30. Orchestre symphonique Ventoscala. Direction Gabor Kali.