La
séduction au naturel
Les cosmétiques et les produits de santé
orientaux puisent leurs origines dans la nature. Imprégnés
de traditions ancestrales, ils véhiculent avant tout
une philosophie de vie empreinte de simplicité et
d’authenticité.
Petit tour d’horizon de ces produits 100 % bio pour
une mise en
beauté ludique et naturelle…
Le « aker » ou rouge à lèvres
berbère (1)
Le « aker » est le plus ancien rouge à
lèvres traditionnellement utilisé au Maghreb.
Fabriqué, selon les régions, à base
de poudre de coquelicots, d’écorces de grenadine,
de cochenille (chenilles écrasées) ou de fleurs
d’églantiers, ce fard naturel légèrement
rosé se présente sous la forme d’un
petit godet de terre, de verre ou de roseau. On l’applique
avec un doigt humidifié sur les joues et les lèvres.
Pour la mise en beauté de la jeune mariée
marocaine, on y ajoute une noisette de miel pour hydrater
les lèvres et obtenir un effet gloss.
La pierre d’alun (2)
Ce minéral translucide de couleur givre s’emploie
comme déodorant naturel. Il est particulièrement
apprécié pour ses propriétés
adoucissantes, purifiantes et astringentes. Taillée
pour être facile à manier, la pierre agit en
déposant un film invisible de sels minéraux,
inhibant ainsi la formation de bactéries malodorantes
sous la peau. Il suffit pour cela de
frotter la pierre humidifiée sous les aisselles ou
les pieds.
Elle calme aussi les irritations après l’épilation
ou le rasage grâce à son pouvoir hémostatique.
Son emploi quotidien est inoffensif, contrairement à
d’autres composants d’aluminium parfois utilisés
dans les anti-transpirants usuels. à noter
qu’une pierre de soixante grammes a une durée
d’utilisation d’environ une année, soit
l’équivalent de douze déodorants traditionnels.
Le « souak » (3)
Reconnu pour ses propriétés antiseptiques
et cicatrisantes, le « souak » est utilisé
dans tout le Proche-Orient pour l’hygiène buccale.
Présenté sous la forme d’un fagot formé
par une lanière d’écorce de racine de
noyer enroulée sur elle-même, le « souak
» se mâche longuement ou se frotte tout simplement
contre les dents. Il combat la mauvaise haleine, blanchit
les dents, dissipe les névralgies dentaires et réduit
les aphtes. Ses vertus toniques et astringentes fortifient
également les gencives et les colorent d’un
joli brun rouge naturel. Les femmes de Zagora en avalent
même un peu pour prévenir les maux d’estomac.
Le savon d’Alep (4)
Cet ancêtre du savon de Marseille est, à l’origine,
fabriqué à Alep en Syrie selon un procédé
artisanal vieux de plusieurs siècles. L’huile
d’olive de deuxième pression est cuite pendant
plusieurs jours avec de l’eau et de la soude dans
un grand chaudron en pierre, puis enrichie et parfumée
d’huile essentielle de baies de lauriers. Après
24 heures de cuisson, la pâte est étalée
et découpée manuellement. Les savons sont
ensuite séchés en plein air pendant six à
neuf mois. Ce savon « surgras », réputé
pour ses vertus nourrissantes et adoucissantes, est utilisé
par les Marocaines comme gommage naturel.
Les pierres de gommage (5)
Utilisée traditionnellement dans les hammams afin
d’attendrir les peaux les plus récalcitrantes,
la pierre de gommage en terre cuite lisse en douceur les
callosités des pieds, des mains et des coudes. Grâce
à sa forte rugosité, elle élimine les
cellules mortes et laisse respirer la peau. Les parties
rugueuses préalablement enduites de savon noir sont
frottées puis nourries avec de l’huile d’argan.
Les pierres de gommage ont un usage identique à celui
des pierres ponces, mais elles ne s’effritent pas
et ne ramoliisent pas.
La « khella » (6)
De cette grande ombellifère, aussi appelée
« ammi visnaga », on cueille les rayons des
ombelles qui se ramassent en fuseau après floraison
et sont utilisés comme cure-dents. Son inflorescence
particulière donne à cette herbe une fois
sèche des allures de petit parapluie fermé.
Cultivée essentiellement au Maroc, en égypte
et en Algérie, la « khella » s’emploie
aussi, après décoction, en gargarisme pour
les soins de bouche et les douleurs dentaires, en fumigation
pour dissiper les vertiges.
Le khôl (7)
Le khôl est une poudre minérale composée
de sulfure d’antimoine ou de malachite, traditionnellement
utilisé par les femmes marocaines pour se parer les
yeux. Il s’applique à
l’aide d’un fin bâtonnet en bois appelé
« mirwed ». Après
l’avoir humecté d’eau de rose puis enduit
de poudre, on
l’applique à la lisière des paupières
pour étirer l’œil et donner de la profondeur
au regard. Sa tenue est plus longue que celle d’un
crayon classique. Le khôl s’emploie aussi à
des fins thérapeutiques pour soulager les infections
oculaires, ainsi que pour protéger les yeux des réfractions
de lumière vive.
Quand cosmétique rime avec écologique
Où les acheter ?
Au Maroc : Ces produits, très bon marché,
sont
vendus un peu partout dans les souks, notamment dans les
échoppes des « aâchabas » (herboristes).
En France : Dans les boutiques de cosmétiques orientales,
on trouve le plus souvent du khôl traditionnel, des
pierres de gommage, du savon d’Alep, des pierres d’alun
brutes, en spray ou en gommage, ou encore du dentifrice
au « souak ». Pour le reste, il faut se rendre
dans le quartier de Barbès-Rochechouart, à
Paris, ou naviguer sur internet, notamment sur les sites
: www.alterafrica.com ; www.comptoir-ethique.com ; www.espacemaroc.com
Charme d’Orient
54 rue Saint Blaise, 75020 Paris — Tél. : +
33 1 43 67 41 82 — www.charmedorient.com
Natures & Découvertes
Le Carroussel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75039 Paris
Cedex 1 — www.natureetdecouvertes.com